22 août 2009

Back

Je suis de retour et j'ai pas mal de choses à vous raconter. En attendant je déménage la semaine prochaine. Donc encore un peu de patience. A très bientôt.

10 juillet 2009

Maroc 09

En bref  Tournage au Maroc de Les Mécréants, une comédie spirituelle. Je retrouve les lumières marocaines après Abou Amal et Châtiment — cette fois dans un registre plus léger, mais les défis d'éclairage restent les mêmes : gérer un soleil impitoyable et des intérieurs sombres.
Je m'envole pour un tournage au Maroc. Le film s'intitule "Les Mécréants", c'est une comédie spirituelle réalisée par Mohcine Besri.
Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, certaines choses étant encore un peu confidentielles ou non finalisées avec les autorités du Royaume.
Je compte poster depuis là-bas. Par contre, les Master Class devront attendre un mois. D'ici-là, j'espère qu'une solution de partage facile aura vu le jour dans les commentaires ;-)
Je vous souhaite un bon mois de juillet!

07 juillet 2009

SFX H2O

En bref  Prises de vues d'effets spéciaux dans un aquarium : deux grandes softboxes éclairent les poissons et les objets qui seront intégrés dans une composition 3D temps réel photoréaliste. La lumière physique sert ici de référence pour la lumière virtuelle — le réel au service du simulé.


En direct du plateau de tournage: prises de vues d'effets spéciaux dans un aquarium. Ces images serviront d'éléments dans une composition 3D temps réel qui recréera un aquarium photoréaliste.
Dans l'image, vous pouvez distinguer:
- deux grandes softbox (des Chimeras sur Blondes sur variateur) pour adoucir les contrastes en élevant le niveau d'illumination de base;
- un Fresnel 2K au-dessus de l'eau, fixée au bout d'un "boom arm ", pour créer des effets caustiques lorsque la surface de l'eau bouge;
- deux Fresnels à droite cadre: l'un pour donner du relief au sable, l'autre (un misar) pour déboucher les ombres sur le gravier au premier plan. Ce mizar, qui était trop jaune, a été muni d'un demi CTB.

Prochaines étapes: les bulles, les plantes. Les poissons seront... synthétiques.

Prises de vues en RED à 5500°K avec filtre 80D.
Production: Kenzan Technologies

02 juillet 2009

Livres essentiels en lecture gratuite

En bref  Google Books donne accès gratuitement à des pans entiers de livres essentiels sur la lumière de cinéma — bien indexés, consultables par mot-clé. Une mine pour les autodidactes qui ne peuvent pas se permettre les prix des ouvrages spécialisés.






Je viens de découvrir que certaines parties de bon nombre de livres importants en matière de lumière de cinéma sont disponibles en lecture gratuite dans la partie Books de Google.

Ils sont en anglais, et très bien indexés - si vous cherchez un terme technique par exemple.

Je vous laisse faire un tour. Les quelques livres ci-dessus sont pour moi des classiques dans leurs genres respectifs (interviews, données techniques, etc.). C'est une mine d'infos trop méconnue.

28 juin 2009

Master Class - Geoff Burton et les tournages en décors réels

En bref  Masterclass de Geoff Burton sur les tournages en décors réels : la lumière en extérieur et intérieur jour, avec et sans moyens. Les techniques n'ont guère changé depuis les années 90 — mais l'usage des KinoFlos en intérieurs jour s'est largement répandu, remplaçant le tungstène diffusé.





Cette Master Class se propose de faire le tour des éclairages les plus courants en situation de tournage dans des décors réels, en extérieurs et intérieurs jour.

Mis à part le fait qu'on recourt aujourd'hui davantage aux KinoFlos en intérieurs jours, les bases (direction, stratégies, astuces) restent valables.

Geoff n'est pas avare de conseils: à vous de les appliquer judicieusement.
C'est ici que ça se passe.

Kodachrome: The End

En bref  La disparition du Kodachrome : une émulsion mythique au spectre incomparable. Les clichés de Steve McCurry font la part belle à la lumière — ses couleurs saturées mais jamais criardes restent un étalon que le numérique cherche encore à égaler. Après l'ampoule à incandescence, une deuxième extinction.



Après la disparition annoncée de l'ampoule à incandescence, voici celle du Kodachrome.
C'était une émulsion mythique. Kodak a préparé un joli diaporama, mais les clichés de Steve McCurry (de 14 à 32) sortent du lot. Elles font la part belle à la lumière naturelle.

25 juin 2009

Les photons organiques

En bref  Les écrans OLED de Konica Minolta ouvrent la voie à une nouvelle source de lumière : douce, fine, flexible, avec un bon rendement et peu de chaleur. Le désavantage : un indice de rendu des couleurs encore perfectible. Les photons organiques annoncent une révolution qui mettra des années à mûrir.


Les écrans OLED remplaceront peut-être un jour votre plasma/LCD.
En attendant, Konica Minolta lance une nouvelle source de lumière basée sur cette technologie.
Avantages: bon rendement, faible chaleur, finesse, puissance, flexibilité, poids...
Désavantage: sans doute la température de couleur, et encore j'en doute vu qu'ils équiperont les TV d'un futur proche. Le prix, par contre, risque d'en dissuader plus d'un. Pour l'instant.

En attendant, le site web fait rêver.

23 juin 2009

Lumières "japan style"

En bref  James Turrell, artiste californien, mélange lumière et architecture dans une maison japonaise : les espaces deviennent des volumes de lumière habités. Pour un chef opérateur, Turrell démontre que la lumière ne se contente pas d'éclairer un lieu — elle peut le constituer.

Un certain James Turrell, artiste californien, aime mélanger la lumière à l'architecture.
Exemple particulièrement réussi: cette maison japonaise.
Je vous laisse découvrir le film, et lire l'article pas barbant du tout (mais en anglais) sur l'endroit.

Ca me fait penser à un autre lieu qui sacralise la lumière: les bains de Vals, dessinés par Zumthor. Et vous, avez-vous déjà été dans un tel endroit?

Cette maison m'évoque également le livre "Eloge de l'ombre", dont je vous recommande vivement la lecture. Ecrit en 1933 alors que le Japon découvrait l'életricité, Tanizaki Junichiro y décrivait très simplement les émotions esthétiques que procuraient la semi-obscurité sur les meubles laqués, ou les lueurs diffuses et dégradées derrière les fenêtres en papier de riz.

Merci à Alexandre pour l'info.

20 juin 2009

Master Class - Robby Müller & Peter James

En bref  Masterclass « Lighting for Drama » : Robby Müller et Peter James confrontent deux philosophies d'éclairage radicalement différentes sur les mêmes scènes. Peter James modifie le décor pour servir la lumière ; Müller adapte sa lumière au décor existant. Deux visions, deux résultats — aucun n'a tort.


Cette Master Class est intitulée "Lighting for Drama", mais c'est surtout une occasion pour deux chefs op de confronter des approches très différentes de l'éclairage de studio.

Peter James ("Driving Miss Daisy") modifie le décor et influence la mise en scène, affirmant que le cinéma est de toute façon une tricherie permanente. Alors que Robby Müller ("Paris, Texas") essaie de faire au mieux avec les contraintes proposées.

Le cheminement de leurs pensées est passionnant à suivre, et les résultats qu'ils obtiennent démontrent clairement qu'il n'y a pas de bonne et de mauvaise manière d'aborder le travail sur le plateau, tant qu'il y a cohérence entre une certaine vision du monde et la façon de la restituer derrière l'objectif.

Le film est dispo en suivant ce lien.

14 juin 2009

Master Class Series - John Seale

En bref  Masterclass Kodak avec John Seale (1993) : le chef op de Witness, Rain Man et Le Patient anglais démontre sa méthode en éclairant des scènes en studio. L'un des premiers volets de la série, où l'on voit un maître travailler — pas expliquer, mais faire — sous les yeux d'étudiants.



Ce premier volet de la série des Master Class est sans doute aussi l'un des plus anciens (1993). Les MC suivantes seront plus abouties, et feront la plupart du temps appel à deux chefs op qui ont des façons très différentes d'éclairer des séquences identiques.

Ici l'Australien John Seale, l'un des chefs op actuels les plus doués (sa filmo est vraiment impressionnante), explique sa philosophie de la lumière et du métier, et entre dans des détails très concrets au travers d'une re-créations du tournage des séquences de chambre de "Dead Poets Society". L'objectif principal étant de recréer des ambiances spécifiques aux saisons ou à certaines heures du jour.

L'accent australien et le son original de la vieille VHS rendent certains propos difficiles à comprendre à la première vision. Réécoutez-les jusqu'à ce que vous les compreniez, parce que John livre des trucs et des conseils que peu de pros comme lui acceptent de partager.
Si l'un d'entre vous peut traduire ses propos et générer un quicktime avec les sous-titres, je me ferai un plaisir de poster la version sous-titrée. Je manque de temps pour faire tout ça seul, votre aide me serait précieuse.

John appartient à la même famille de chefs op que Conrad Hall ou Gordon Willis, à savoir des grands pros qui osent et cherchent des solutions hors des sentiers battus, quitte à prendre des risques.
Il me semblait donc logique de commencer la série par ce segment.
Je posterai les autres au fur et à mesure, pour vous permettre de déguster chaque épisode plutôt que de télécharger les huit et de les survoler. Je vous connais ;-)

Vous pouvez accéder au film en suivant ce lien.

13 juin 2009

Masterclasses Kodak: le bout du tunnel

En bref  Les Kodak Cinematography Master Class Series, organisées par l'AFTRS en Australie, sont devenues introuvables sur le marché. Ces séances où de grands chefs opérateurs analysent et éclairent en direct des scènes identiques constituent un outil pédagogique irremplaçable — la transmission du métier par l'exemple.




Je vous avais déjà parlé des indispensables "Kodak Cinematography Master Class Series" organisées par l'Australian Film, Television and Radio School - AFTRS. Je me rends compte qu'elles sont aujourd'hui impossibles à trouver sur le marché - ou vraiment trop chères. J'ai passé beaucoup de temps à chercher des DVD (ou même des VHS), en pure perte.

Je me propose donc de vous les mettre à disposition online. J'ai digitalisé les bandes VHS de tous les cours. Tout en me rendant compte de l'aspect borderline de ma démarche, je privilégie le partage des connaissances.

Ces MC ont été données il y a une quinzaine d'années par des chefs op de renom comme Allen Daviau, Denis Lenoir, Sacha Vierny, Dean Semler. Il est dommage que de tels films ne circulent pas davantage. Je vous garantis que vous allez vous régaler - et apprendre des trucs qui vous serviront le reste de votre vie sur les plateaux.

Avez-vous une solution pratique et rapide à me proposer pour les rendre accessibles à vous tous? Chaque film pèse en moyenne 500Mb. Ce sont des mp4 de 640x480. Il y en a huit.

Celui qui me proposera la meilleure solution "clef en mains" aura le privilège de les voir en exclusivité ;-)

12 juin 2009

Colorimétrie sur iPhone

En bref  Mill Colour, application iPhone de la maison de post-production The Mill : initiation à l'étalonnage sur un écran de téléphone. Les exemples sont parfois grossiers, mais l'outil démocratise une discipline jusque-là réservée aux suites professionnelles à 100 000 dollars.


Initiez-vous à l'étalonnage avec Mill Colour, un petit soft que la fameuse unité de post-prod anglaise The Mill a développé pour l'iPhone.

Les exemples pré-programmés sont parfois un poil grossiers, mais ça donne un bon aperçu des bases. Les réglages manuels sont bien plus pointus, et permettent des réglages très fins des nuances.

Derrière le gadget se cache un bon moyen de communiquer un certain look avec l'unité de colo, que ce soit par mail pendant le tournage ou pour garder des notes d'intentions visuelles pour plus tard. L'écran de l'iPhone est suffisamment bon pour donner un bon aperçu du résultat. Attention: il ne s'agit pas de prendre des photos de plateau avec l'iPhone, mais plutôt d'uploader des extraits de rushes sur l'appareil pour les traiter avec les outils de The Mill.

The Mill propose un concours de colo, avec upload sur son site Flickr. Au vu des premiers efforts des candidats, vous avez toutes vos chances de gagner ;-)

A vous de jouer!

Merci à Christophe Persoz (Ogoon Media) pour l'info.

06 juin 2009

Assassin's Creed 2 - quand la lumière numérique fait son cinéma

En bref  La bande-annonce d'Assassin's Creed 2 : un exemple de lumière cinématographique adaptée au jeu vidéo 3D. Certains personnages sentent encore la synthèse, mais les ambiances lumineuses rivalisent avec le cinéma. La frontière entre images de jeu et images de film s'estompe — pour le meilleur et le pire.

La bande-annonce d'Assassin's Creed 2 vient de sortir à l'occasion de l'E3 de Los Angeles.
C'est un très bel exemple de lumière cinématographique adaptée à la 3D. Si certains personnages sentent encore la synthèse, il est bien difficile de discerner quelque chose de factice dans les jeux de lumière.
Rien n'a encore réellement filtré sur le making of de ce trailer (si ce n'est que l'agence est établie à Budapest), mais je suis aux aguets.
Vous pouvez le voir en HD sur ce site.

Complètement RED

En bref  Acquisition d'un objectif RED Pro 18-85 — un investissement collectif entre chef opérateurs pour s'équiper au rythme d'une technologie qui évolue trop vite pour un seul individu. Le modèle économique du numérique impose de nouveaux modes de propriété partagée.

Pascal Forney

Rien à voir directement avec la lumière, mais je suis tout fier de vous annoncer l'arrivée de l'objectif RED Pro 18-85, un petit monstre qui s'ajoute au matériel qu'Imaginastudio, le chef op Greg Bindschedler et moi-même avons acquis.
J'en parlais rapidement sur ce post.
Des images test vont suivre, mais les premières impressions sont... impressionnantes.
Nous allons adapter le matériel existant pour que le nouveau venu se sente chez lui (follow, supports, etc.).

29 mai 2009

Couleurs en gélatine

En bref  Le monde des gélatines couleur : des centaines de teintes référencées par Rosco et Lee qui permettent au chef opérateur de modifier la lumière à la source. Chaque filtre absorbe une partie du spectre — comprendre les gélatines, c'est comprendre la physique de la couleur avec les mains.


Le monde des couleurs peut sembler effrayant de complexité (les termes "ondes vibratoires", "espaces colorimétriques" ou "corrections secondaires" ne sont pas faits pour rassurer), mais les résultats sur l'écran nous touchent directement et mystérieusement, sans qu'on ait besoin d'y réfléchir.

Dans les arts du spectacle, on équipe les projecteurs de films colorés qu'on appelle gélatines, bien que le terme soit inexact aujourd'hui.
Le site de Lee Filters montre comment on les fabrique:

http://www.leefilters.com/lighting/video/


et nous permet de retrouver une couleur précise en fonction d'une roue colorée en 3D:

http://www.leefiltersusa.com/lighting/products/colors/

ou de trouver des teintes proches en fonction d'un nom ou d'un numéro de catalogue (essayez par exemple avec CTS, une gélatine de correction de couleur ambre):

http://www.leefiltersusa.com/lighting/products/comparator/

Kuler, le site d'Adobe est l'occasion de mixer des couleurs de diverses manières pour évaluer nos conceptions de l'harmonie. Créez votre palette préférée, que ce soit pour trouver une jolie combinaison de teintes pour repeindre votre salon ou pour choisir la palette de votre prochain film. La rubrique Create > from a color vous permet d'explorer les règles existantes, et de créer la votre.

Petit quiz lumière

En bref  Quiz lumière devant trois photos dans un restaurant : repérer le point commun de trois images, c'est exercer le regard du chef opérateur dans la vie quotidienne. L'analyse spontanée de la lumière ambiante est un réflexe professionnel qui ne s'éteint jamais.
La vie quotidienne offre souvent l'occasion de faire fonctionner les réflexes de quiconque s'intéresse à la lumière.
L'autre soir je mangeais des pâtes dans un resto, en face de ces 3 photos.
Mes questions:
a. quel est le point commun de ces trois portraits, du point de vue de la lumière?
b. qu'en déduisez-vous?



A vos claviers!

23 mai 2009

Bilan des premiers longs-métrages 35mm tournés en RED

En bref  Les premiers longs-métrages tournés en RED One projetés en 35mm à Cannes — le verdict des chefs opérateurs est nuancé. La résolution 4K tient la comparaison sur grand écran, mais le workflow reste complexe. Le débat ne porte plus sur la qualité mais sur l'ergonomie et la fiabilité de la chaîne de production.

"Map of The Sounds of Tokyo" d'Isabel Coixet


Je profite de la projection en sélection officielle à Cannes de "Map of the Sounds of Tokyo" pour revenir sur un événement qui m'avait marqué.

Depuis un certain temps je cherchais à me rendre compte par moi-même du rendu exact de rushes R3D (les RAW de la RED) une fois projetés en 35mm, ou par projection digitale 2 ou 4K sur un grand écran de cinéma. C'est le genre de test qui ne laisse rien passer.

Il y avait bien eu le "Che" de Soderbergh, ou "Knowing" de Proyas, mais les deux films avaient tellement été triturés en post-prod qu'il était difficile de faire la part des choses. "The Girlfriend Experience", le nouveau Soderbergh aussi tourné en RED One, sera beaucoup plus "brut de décoffrage".
Au dernier Micro Salon, l'une des projections les plus éclairantes sur le sujet tournait autour de l'expérience de deux chefs op de longs-métrages tournés avec la RED One.

Vincent Mathias venait avec quelques minutes de rushes d'"Une affaire d'état", un thriller d'Eric Valette (sortie novembre 2009);

Jean-Claude Larrieu a raconté la genèse et le workflow de son premier tournage en RED sur le film de Isabel Coixet;

Deux générations de chefs op. Vincent, jeune et réceptif aux nouvelles technologies, a adopté la RED sans autre forme de procès, après avoir fait des tests poussés évidemment. Tests concluants, et les images en scope que nous avons vu sur le grand écran de la FEMIS ont balayé chez moi tous les doutes et les rumeurs que j'avais entendu. Les blancs éclatants avaient beaucoup d'allure, et les nuances très fines (en luminance et en chroma) conféraient aux images une vraie noblesse.

Il n'existe à ma connaissance pas encore d'interview ou de témoignage écrit de Vincent sur ce film.

Jean-Claude a une longue carrière sur pellicule, et le film de Coixet a été l'occasion pour lui de découvrir la RED. A reculons au début, pensant que le buzz autour de cette caméra en faisaient le dernier gadget à la mode mais pas forcément une alternative au film.

De nombreux tests et un tournage plus tard (prost-prod numérique et labo film chez Eclair), il parlait des images avec beaucoup d'émotion, y décelant des subtilités qu'il n'attendait pas.

Le passage final sur pellicule est pour lui une étape importante, le grain argentique donnant aux images une patine familière.

Jean-Claude a répondu à quelques questions de l'AFC. Extraits choisis:
(texte complet sur le site de l'AFC)


Dès la première scène du film, on se rend compte de l'importance des lumières de la ville dans la composition des images...

Pour reconstituer ce décor de restaurant, qui est la première scène du film, nous avons trouvé un lieu idéal, un penthouse qui permettait d'offrir en arrière plan une découverte de 180° sur la ville de Tokyo la nuit. Cette scène de grand dîner se déploie dans un étrange moment de calme, juste avant qu'une tragédie, accentuée par un quiproquo général, la transforme en débandade.
J'ai axé toute la lumière à partir d'une solide construction au plafond qui serait invisible dans les plans d'ensemble mais aussi par réflexion sur les grandes baies vitrées et qui ne gênerait jamais au moment des changements d'axes. Ainsi disposée, cette lumière fluorescente pouvait recevoir la tonalité de couleur chaude que j'en espérais et permettait d'en moduler l'intensité générale afin de préserver l'équilibre entre l'extérieur et l'intérieur. Cette première séquence a pu ainsi être tournée sans la gêne d'aucun projecteur, avec un diaphragme de 1.8.


Aviez-vous un moniteur de référence ?

Sur le plateau, mon seul point de référence a été l’ordinateur sur lequel nous déchargions les cartes mémoire. Une fois la prise importée, dès l’apparition de l’image RAW, je pouvais après quelques minuscules réglages sur la courbe, grâce au logiciel Red, visualiser l’image très correctement. C’est ce qui m’a permis de ne jamais douter de la qualité de ce que nous enregistrions. Au moment de la prise de vues, j’utilisais, bien entendu, la fonction histogramme du moniteur LCD pour régler le diaph.


Parmi les reproches faits à la caméra Red, il y a la sensibilité indésirable aux infrarouges et la colorimétrie équilibrée à 3 200 K…

Nous avons tourné avec le filtre qui coupe l’infrarouge. J’avais été mis en garde contre ce risque lors des essais. Map of The Souds of Tokyo est un film très souvent éclairé en lumière tungstène, avec des Kino Flo Image 80, des Wall O Ligth, ainsi que des Fresnel de 5, 10 et 20 kW. Je n’ai rencontré aucune difficulté à étalonner ces images photographiées tantôt en tungstène, tantôt en Dayligth, même si, semble-t-il, le capteur de la Red est plutôt équilibré pour la lumière du jour. La seule précaution à laquelle j’ai veillé en permanence, c’est le contrôle des hautes lumières. J’ai utilisé des densités neutres, jusqu’à N12, pour les découvertes ou les arrière-plans, entre autres, les panneaux lumineux en arrière plan proche, dans les rues.


Bande-annonce du film sur le site officiel: http://www.mapofthesoundsoftokyo.com/#content_trailer

18 mai 2009

Mélange des genres

En bref  Dion Beebe signe coup sur coup deux films radicalement différents — la comédie Land of the Lost et un drame stylisé. La polyvalence d'un grand chef opérateur : passer d'un registre à l'autre sans perdre sa signature, adapter sa lumière au genre sans la renier.


Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Le super-talentueux Dion Beebe vient de signer coup sur coup deux films très différents: la comédie décapante "Land of the Lost" dont je vous conseille vivement la bande-annonce, et une sorte d'extravagance mélodramatique, "Nine". Dans laquelle Daniel Day-Lewis joue Fellini en pleine crise d'inspiration, façon "Huit et demi". C'est un prétexte à reconstituer les images d'une certaine époque du cinéma italien.
Ca contraste fortement avec "Land of the Lost":


Dion Beebe est l'un des chefs op les plus éclectiques qui soit. Si vous ne l'avez pas déjà vu, ruez-vous sur le vénéneux "In the Cut" de Jane Campion, ou sur le glamourissime "Memoirs of a Geisha", qui lui valut l'Oscar en 2005.

14 mai 2009

Tetro de Coppola

En bref  Tetro de Coppola : un noir et blanc intimiste qui rappelle Rumble Fish, avec davantage de gris moyens et de grain. Coppola continue d'explorer les marges du cinéma — un film modeste, personnel, loin des moyens de ses grandes productions.


Le prochain Coppola est un film Noir et Blanc très intimiste qui rappelle - par son thème et certaines images - son fabuleux Rumble Fish. Mais ce NB comporte beaucoup plus de gris moyens et de grain que Rumble Fish.

La bande-annonce et les trois premières minutes du film se trouvent ici.
Tourné à Buenos Aires. Chef op: le très jeune Mihai Malaimare Jr., qui avait déjà filmé le précédent opus de Coppola, Youth Without Youth.

09 mai 2009

JJ Abrams: vive l'analogique!

En bref  J.J. Abrams, réalisateur du nouveau Star Trek, défend sa passion pour l'analogique : vrais décors plutôt que fonds verts, effets physiques plutôt que numériques. Sa conviction : les comédiens jouent mieux face à un décor réel. L'analogique comme choix de mise en scène, pas comme nostalgie.
Dans une interview à fxguide.tv, le réalisateur du nouveau Star Trek parle de son amour pour l'analogique: sa préférence pour les effets non digitaux, l'importance vitale de donner aux comédiens un vrai décor plutôt que de les faire tourner devant des fonds verts, etc.

Dans l'interview que je vous propose ici, il évoque deux aspects visuels de son film:

1. les séquences de chute libre, après de nombreux essais technologiques infructueux, ont été filmées en plaçant simplement les acteurs debout sur des miroirs qui reflétaient le ciel;

2. les "flares", fabriqués pendant le tournage de façon artisanale, le chef op braquant une lampe de poche vers l'objectif, limite bord cadre.

Interview complète à télécharger en cliquant sur le lien suivant (Abrams parle dans la seconde partie):

08 mai 2009

Etallonnage par Crimson et RED Cine

En bref  L'étalonnage d'Au Nom du Père sur Crimson et RED Cine : des filtres de diffusion (Soft FX, Black ProMist) à la prise de vues pour casser la sévérité de l'ultra-haute définition. La 4K montre trop — il faut consciemment dégrader la résolution pour retrouver une image « cinématographique ».

Pour casser la sévérité de l'ultra haute définition, j'avais équipé la caméra de filtres de diffusion (Soft FX ou Black ProMist en fonction des lumières et des visages). Cliquez sur les images pour les voir en grand format.


Tests de densité des noirs sur un cracheur de feu (juste avant que les flammes n'éclairent son visage)



Je viens d'étalonner le clip de Shoddygoods, produit par Horsform. Les réalisateurs Matyas Kiss et Thanassis Fouradoulas avaient fixé une palette et un look spécifique avant le tournage, ce qui a beaucoup facilité cette ultime étape.
Nous avions tourné en RED, avec des objectifs Zeiss. Des lentilles trop précises pour réaliser les flares relativement intenses que les réalisateurs désiraient. Pour en créer malgré tout, nous avions placé quelques sources dans le champ et enfumé le studio pour aveugler la caméra par des contre-jours violents.
Projecteurs utilisés: HMI et KinoFlos, avec 4 Blondes sur Chimeras moyennes pour les contres et les fill sur variateurs.
L'étalonnage a consisté à trouver une bonne balance entre les couleurs chaudes et froides - nous avions déterminé au tournage que les oranges compléteraient des bleus et des verts spécifiques - et diverses densités de fumée.
Le workflow avec Clipfinder s'étant heurté à un bug, nous sommes passés par Crimson pour gérer le flux des rushes et l'interfaçage avec RED Cine.

05 mai 2009

Tetsuo Nagata fait son numéro (le 5)

En bref  Le dernier film Chanel de Jeunet avec Audrey Tautou, éclairé par Tetsuo Nagata : des lumières cuivrées, douces, vibrantes. Trop maniéré et cliché peut-être, mais les photos témoignent d'un travail de lumière au service de la marque qui transcende le spot publicitaire.
Le dernier film Chanel est réalisé par Jean-Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou. Beaucoup trop maniéré et très cliché à mon goût, mais on s'en fiche: c'est Tetsuo Nagata qui en signe les images.



Des lumières cuivrées, douces, vibrantes. Les photos n'en donnent qu'un aperçu: il faut voir bouger les images pour en saisir la finesse. Nagata avait éclairé "La Chambre des Officiers", et il affectionne certains tons chauds très spécifiques.







Le Making Of divulgue quelques uns de ses secrets: beaucoup de studio, des diffusions de partout, et des dispositifs ingénieux pour recréer les lumières qui défilent sur les visages, dans le train.
Allez voir par vous-mêmes.

Merci à @MorganP (sur twitter) pour l'info.