06 janvier 2011

Couleurs indiennes


L'un des numéros disco du film, en 4 tableaux pleins d'auto-dérision.

Lorsque j'avais découvert les premières images de "Om Shanti Om" en 2009, j'ai eu l'impression que je n'avais vu, jusque là, que des films en Noir et Blanc.

Les chefs op indiens recourent avec un certain enthousiasme aux gélatines qui servent plutôt, en Occident, aux spectacles vivants. Dans ce film, le mélange des couleurs est réalisé avec une dextérité que je n'avais plus rencontrée depuis les grandes comédies musicales de Vincente Minnelli (Brigadoon, 1954) ou les drames de Keisuke Kinoshita (La Balade de Narayama, 1958).

Om Shanti Om flirte forcément avec le kitch, mais s'en sort avec les honneurs: les complémentaires sont parfaitement appariées, les références de blanc - souvent en contre-jour - apparaissent au bon moment pour rétablir un équilibre, la restitution des couleurs est impeccable, leurs intensités lumineuses sont cohérentes, leur vivacité est impressionnante, bref: on a beaucoup de choses à apprendre des Indiens dans ce domaine.

La version Blu-ray du film m'a décollé les rétines. Et à ce propos, elle m'a confirmé un soupçon: lorsque les personnages sont émus, le blanc de leurs yeux est délicatement teinté en lavande. L'un de vous sait-il si les maquilleurs indiens appliquent des gouttes spéciales dans les yeux des comédiens, ou si c'est réalisé en post?
J'admire cette façon d'assumer les couleurs jusque dans les plus infimes détails.

Chef op: V. Manikandan