14 août 2008

La lumière des "machos"

Death Race n'entrera sans doute pas dans l'histoire du cinéma. Mais la bande-annonce défoule bien, et la qualité de la photo de Scott Kevan est très représentative d'un certain style à base de lumières dures.
Les visages essentiellement mâles se prêtent bien à ce découpage "à la serpe" par des lumières ponctuelles, qui soulignent les contours (nez, mâchoires, crânes) d'une façon qui serait bien trop cruelle pour des visages féminins. 
Les contrastes forts et la désaturation font aussi partie du vocabulaire visuel des "films de mecs".
Notez aussi le soin apporté à la séparation entre les avants et arrières-plans, par le positionnement judicieux des sources, et ce même dans des plans très courts d'action (cf. la bande-annonce). Les lisérés, contre-jours, reflets et ombres créent des pans de profondeur qui séparent clairement les personnages du décor.
Ces lumières dures (c'est-à-dire peu ou pas diffusées) reviennent à la mode après deux décennies de douceur. Signe des temps? 
Dans ce film, les seuls éléments qui auraient souffert de ce genre de traitement, ce sont les carrosseries métalliques des voitures. Si elles avaient été brillantes, les lumières ponctuelles auraient créé des taches aveuglantes. Ce qui explique pourquoi toutes les bagnoles sont matifiées (peintures, résines ou griffures profondes).