14 août 2008

La lumière des "machos"

Death Race n'entrera sans doute pas dans l'histoire du cinéma. Mais la bande-annonce défoule bien, et la qualité de la photo de Scott Kevan est très représentative d'un certain style à base de lumières dures.
Les visages essentiellement mâles se prêtent bien à ce découpage "à la serpe" par des lumières ponctuelles, qui soulignent les contours (nez, mâchoires, crânes) d'une façon qui serait bien trop cruelle pour des visages féminins. 
Les contrastes forts et la désaturation font aussi partie du vocabulaire visuel des "films de mecs".
Notez aussi le soin apporté à la séparation entre les avants et arrières-plans, par le positionnement judicieux des sources, et ce même dans des plans très courts d'action (cf. la bande-annonce). Les lisérés, contre-jours, reflets et ombres créent des pans de profondeur qui séparent clairement les personnages du décor.
Ces lumières dures (c'est-à-dire peu ou pas diffusées) reviennent à la mode après deux décennies de douceur. Signe des temps? 
Dans ce film, les seuls éléments qui auraient souffert de ce genre de traitement, ce sont les carrosseries métalliques des voitures. Si elles avaient été brillantes, les lumières ponctuelles auraient créé des taches aveuglantes. Ce qui explique pourquoi toutes les bagnoles sont matifiées (peintures, résines ou griffures profondes).







2 commentaires:

  1. Daniel19.8.08

    Belle analyse, je prend note.
    Si vous avez l'occasion il faut aller voir the Dark Dnigth. Outre la performance de feu Heath Ledger que je trouve sadique à souhait, il y a des petites choses que j'ai bien aimé au niveau de l'éclairage.
    La scène du Joker quand il fait sauter l'hôpital: Une lumière très diffuse, comme si il n'y avait 'pas' d'éclairage. Un peu comme une vidéo tournée brute (ce qui rappelle celles que l'on voit tout au long du film d'ailleurs) qui rajoute à la cruauté de la scène. Le joker est un 100% 'méchant' et extravagant et je trouve que cet éclairage était justifié. Il ne se cache pas derrière des ombres, et l'homogénéité de la lumière rappelle l'homogénéité de son sadisme.
    Pour Batman justement c'est différent. Sa cape est matte et il est souvent filmé à contre jour. Contrairement au Joker, il se cache. D'ailleurs c'est un des thème principal du film. Par conséquent aucun découpage lumineux à la Dark Vador n'est présent ici.

    Voila, ma mini analyse du jour, sujette à caution de la nuit blanche passée...

    Bonne journée:)

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  2. J'ai vu et beaucoup apprécié The Dark Knight. La performance de Heath Ledger a quelque chose d'aussi démesuré que celles de Marlon Brando. Je n'avais pas pensé à l'absence de découpage lumineux de Batman, mais c'est exactement ça: la lumière le cache. Merci pour cet... "éclairage".
    ;-)
    Pascal

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