Deux directeurs de la photographie signent cette série : Darran Tiernan, l'Irlandais qui a éclairé The Penguin et Westworld, et Peter Deming, l'un des deux chefs op complices de David Lynch depuis Lost Highway.
Spider-Noir a été pensé et éclairé pour le noir et blanc dès le plateau, et non converti en post-production. La nuance est capitale : c'est la différence entre un pianiste qui compose pour son instrument et un arrangeur qui retire les cuivres après coup. La version couleur existe, Amazon la propose sous le nom «True-Hue», comme une colorisation assumée.
Le personnage de Spider-Man Noir est né dans les comics Marvel en 2009 — un Spider-Man transposé dans l’Amérique de la Grande Dépression, entre ruelles enfumées et corruption ordinaire. Nicolas Cage lui avait déjà prêté sa voix dans Spider-Man: New Generation (Into the Spider-Verse, 2018), le film d’animation qui traitait chaque univers visuel comme un langage à part entière. Passer de l’animation à la prise de vue réelle en conservant le noir et blanc, c’est un pari qu’aucun studio n’aurait tenté il y a dix ans.
Nicolas Cage, qui a lui-même poussé le studio à oser le monochrome, parle du clair-obscur comme d'un miroir moral. Depuis John Alton, depuis Musuraca, on sait que le film noir n'est pas un genre : c'est une façon de penser la lumière comme un personnage à part entière. Dans ces quelques plans de bande-annonce, Tiernan et Deming semblent l'avoir non seulement compris et digéré, mais surtout réinventé: le noir et blanc ne soustrait rien, il révèle ce que la couleur avait enfoui.
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