Journal de bord d'un Directeur de la Photographie
Notes sur la lumière - pour le cinéma et les nouvelles images numériques.
28 janvier 2008
Prochain Micro Salon: 13 mars
Si vous ne le savez pas encore, vous y serez aussi parce que le Micro Salon, ça ne se rate pas.
Donc réservez le 13 mars, et on n'en parle plus.
Le Micro Salon AFC
aura lieu cette année le jeudi 13 mars 2008
de 10 h à 22 h
à La fémis
6 rue Francœur Paris 18e
International Digital Film Forum à Paris
La liste des conférences est extrêmement alléchante (tests comparatifs de caméras - dont la RED, mais aussi la 3D chez Disney ou la projection numérique 4K).
Le même Nicolas, de retour du Forum, n'est pas très enthousiaste:
"Sincèrement, l'IDIFF n'avait vraiment rien d'impressionnant. Une sorte de mini-SATIS. L'atelier lumière et maquillage a manifestement changé d'horaire si bien que je n'ai même pas pu y assister, les exposants étaient assez peu disponibles. Personnellement, ca m'a permis de voir un peu les dernières caméras HD (D-20, F23, Viper, RED, etc) que je n'avais pas encore eu l'occasion de voir, mais à part, ca ne m'a pas apporté grand chose".
Voilà qui est clair. On jugera l'année prochaine sur les progrès accomplis.
Pour aller plus loin
- Premier jour tournage de nouveaux spots
- Formats et nuances de la lumière: un sujet à réflection
- Marrakech - le marché aux fleurs
Ailleurs sur ce blogCellules au placard: la preuve par 24
23 janvier 2008
Oscars 2008: les nominations
Seamus McGarvey - Atonement
Janusz Kaminski - The Diving Bell and the Butterfly
Roger Deakins - No Country for Old Men
Robert Elswit - There Will Be Blood
Selon les avis glânés ça et là, le Jesse James est à voir en priorité, si possible au cinéma. C'est le film qui receuille le maximum de suffrages sur sa photo. Les spectateurs sont beaucoup plus circonspects sur le film lui-même ;-) Prenez un thermos de café et au boulot.
Pour aller plus loin
Ailleurs sur ce blogKaminski s’explique
13 janvier 2008
Adobe OnLocation et Scopebox

Le contrôle des images numériques lors de la prise de vues devient tous les jours plus facile.
L'usage des moniteurs de contrôle ne date pas d'hier, mais les appareils affichant aussi des informations de luminance et de chrominance (comme les Astro) sont encore relativement chers et peu répandus.
Pour aller plus loin
- Réglages caméra vidéo pour bien exposer les noirs
- Oscillos, parades et vecteurscopes
- Tordons le cou aux conventions de style!
Ailleurs sur ce blogComposition et contrastes
12 janvier 2008
Belles images de cinéma

Un blogger américain met en ligne des images tirées de films récents dont la photo lui plaît. Et comme il a bon goût ;-) ça va vous plaire à vous aussi.
Le seul défaut de sa page est qu'elle est trop longue. Elle contient des centaines de photos. Je vous propose donc un petit avant-goût avec ce lien, qui vous mènera directement aux photos de Days of Heaven, l'un des plus beaux films qu'on puisse imaginer.
Ce film de Terrence Malick vient de sortir en version remasterisée sur DVD chez Criterion.
Chef op: Nestor Almendros. Un film principalement tourné en lumières naturelles.
Et pour la bonne bouche, voici quelques images éclairées par le Géant Slawomir Idziak.

Gattaca de Andrew Niccol
Les Barger-Baglites

Au rayon des nouvelles sources d'éclairage, l'une des innovations les plus intéressantes dans le monde du Tungstène est celle qui consiste à gagner de la place et diminuer la chaleur des projecteurs sur les plateaux. Les Barger-Baglites répondent à ces besoins.
Avec une profondeur de 12 centimètres, l'unité à 6 lampes est particulièrement compacte. Les poignées et les fixations sont robustes. Ces projos ont visiblement été conçus par des techniciens de cinéma.
Les Barger recourent d'autre part à des ampoules spéciales qui émettent moins de chaleur tout en préservant 90% de l'intensité lumineuse classique d'une source de ce type.
Franck Griebe, le chef op du Parfum, en a utilisé 6 sur le film, importées par Arri des Etats-Unis. Pourvu que les loueurs européens investissent dans ce genre de matériel!
http://www.barger-baglite.com/
Pour aller plus loin
Ailleurs sur ce blogLumières portugaises
L'invasion des LEDs

Les panneaux de diodes mûrissent lentement mais sûrement. Leur température de couleur s'approche peu à peu de quelque chose de fiable. Les "ring lights" sont séduisants parce que dimmables. C'est leur prix qui reste encore intimidant: près de 800 US $ pour une petite unité à placer sur une caméra HDV!
Peter Suschitzky, le chef op habituel de Cronenberg, semble avoir utilisé un ring light de LEDs autour de ses optiques pour une bonne partie de Eastern Promises, le dernier opus du tandem. Avantage d'un ring light: un Fill efficace (puisqu'il est omnidirectionnel), qui ne débouche les ombres que lorsque c'est nécessaire, c'est-à-dire lorsque les acteurs s'approchent de la caméra.

Pour aller plus loin
- Fin des ampoules à incandescence - les chiffres qui consternent
- Trip technique: la calibration des sources LED en fonction des caméras
- Les sources LED à l’épreuve des tests de la CST: des résultats qui invitent à la vigilance
Ailleurs sur ce blogORLOJ - terminé et déjà en compétition
07 janvier 2008
Composition et contrastes

Il est vrai que les images fortes qui restent de ses films sont des plongées ou - surtout - des contre-plongées tapageuses, dont l'efficacité est multipliée par l'emploi de grands angles. Le choix d'un tel angle implique une perspective (vers le sol ou vers le ciel), et donc la tentation de composer le premier plan et l'arrière-plan dans le cadre (par exemple, deux visages et un élément symbolique). Comme on évite de les aligner sur une horizontale (l'image serait plate), la composition en triangle s'impose d'elle-même. Elle semble "juste".
Je ne saurais trop vous recommander le livre de Freeman que je mentionne dans la colonne de droite de mon blog, "The Photographer's Eye". La composition en triangle n'est que l'une des très nombreuses conjugaisons d'éléments dans un cadre. Le livre est formidablement bien illustré, très accessible mais très subtil. Il est en anglais, mais les images suffisent à tout comprendre.
La perspective (ou sa simulation) est l'un des moyens qui permettent de recréer cette profondeur qui manque tellement aux images de cinéma. Il y en a un autre: le contraste, qui isole le premier plan d'un second plan, et ce dernier du fond (par couleurs, par flou/net, par textures, etc.).
La perspective (ou plus largement, l'organisation des lignes de force du cadre) concerne surtout le cadreur, alors que la maîtrise des contrastes entre les profondeurs préoccupe plutôt le directeur photo. Mais les deux permettent de détacher les éléments d'une image les uns des autres, et par là de les rendre lisibles, d'une part, et de les mettre en relation, de souligner les rapports de force ou de tension, d'autre part.
Et comme je trouve que la perspective et les contrastes sont complémentaires, j'aime bien cadrer les séquences que j'éclaire.
Pour aller plus loin
Ailleurs sur ce blogMini 35? Movietube? Redrock!
Bilan du dernier Skypecast: un peu de friture, beaucoup de passion
On remettra ça, sans doute dans un mois. Si vous avez des sujets de discussion, ou des préoccupations techniques concrètes, laissez un commentaire et on abordera le sujet lors de la prochaine session.
Pour aller plus loin
- Réflexions sur le métier
- The Pacific
- L’intégrité des images - comment préserver la consistance d’une "vision" à l’heure du numérique ?
Ailleurs sur ce blogVincent, Le Magnifique
01 janvier 2008
Discussion "live" autour de la lumière
- les éclairages "low budget": fabriquer et positionner ses propres "soft lights"
- les films (à l'affiche) intéressants du point de vue de la photo
Que pensez-vous de ce type d'interaction? Laissez un commentaire ;-)
A dimanche!
Les Skypecasts? infos ici.
Pour aller plus loin
Ailleurs sur ce blogThéorie de la couleur - les bases
30 décembre 2007
Andrew Lesnie relève un nouveau défi


Après avoir donné une crédbilité au monde féérique du Seigneur des Anneaux, Lesnie éclaire le quotidien de Will Smith dans le New York désert de I am Legend. Sa lumière semble étudiée pour évoquer la douceur des jours anciens. Elle contraste en tout cas avec le climat de film d'épouvante que l'histoire évoque. C'est un bon exemple où la photo vient appuyer l'histoire en contrepoint. Alors que d'autres chefs op auraient opté pour des jours blancs, tristes ou désaturés, Lesnie baigne ses intérieurs/extérieurs jours dans une lumière de comédie romantique.
Curieusement, je n'ai trouvé aucune interview de Lesnie dans les deux principaux magazines US sur les chefs ops. Aurais-je mal cherché, ou alors cet Australien oscarisé serait-il ostracisé par ses collègues américains jaloux de son succès colossal en-dehors des Unions?
Pour aller plus loin
- Penelope - Aaton sort une caméra 2 perfs
- Masterclasses Kodak: le bout du tunnel
- Direction de la lumière: un cas pratique
Ailleurs sur ce blogRoma, côté lumière
American Gangster: Savides teste un nouveau procédé de désaturation

Sur American Gangster, Harris Savides (The Yards, Zodiac, Gerry, Elephant) n'est pas passé par le digital: tout a été réalisé à l'ancienne, sans quitter le monde du film argentique. Ridley Scott voulait des images très désaturées, tout en conservant des noirs purs. C'était vouloir le beurre et l'argent du beurre et Savides avoue qu'il ne savait pas comment il allait s'en sortir en post-production.
Il a utilisé un nouveau procédé de laboratoire qui rappelle celui de l'ENR (ou "sans blanchiment") qui consiste à laisser une partie des sels d'argent sur la pellicule. Baptisé OZ par Technicolor qui l'a inventé, il applique une partie du processus ENR sur le positif uniquement. Principale différence: les blancs sont plus éclatants, les images semblent plus nettes, les tons intermédaires sont mieux respectés, et les noirs sont vraiment noirs.
Savides reconnaît que les hautes lumières de certaines scènes sont du coup un peu trop cramées.
Pour la petite histoire, il était sorti du tournage de Zodiac en se jurant de ne plus jamais tourner à deux caméras. Or sur American Gangster, Scott lui en imposait au minimum trois et parfois cinq! L'équipe a tourné 8000 plans pour le film, ce qui est un record. Le record précédent du Premier Assistant Caméra de Savides, Eric Swanek, était de 1750 plans sur The Interpreter. Ils ont tourné dans 130 décors différents en à peu près 70 jours. Scott savait visiblement ce qu'il voulait. Si vous le pouvez, allez voir ce film au cinéma. Vous verrez de vraies images argentiques, sans bidouillage informatique. Et elles ont de la gueule.
Pour aller plus loin
- Test comparatif de caméras - Zacuto montre l’exemple
- "Cinematographer Style" un DVD facultatif
- Masterclasses Kodak - Fantasy
Ailleurs sur ce blogGrosse surprise à Buenos Aires
Kodak sort une nouvelle émulsion: la Vision3
Daryn Okada, président de l'ASC, est l'un des prescripteurs que le marketing de Kodak a trouvé pour parler du bébé. A l'entendre, c'est un beau bébé:
“The new emulsion has a much wider range of latitude in the overexposed areas,” says Daryn Okada, president of the American Society of Cinematographers (ASC). “I found at least two more stops of range in the highlights, which enabled me to record more details. I got a rich range of colors and skin tones without saturation contamination. Also, there was an almost magical reduction in grain without affecting colors.”
After timing the images in a DI suite, Okada observes, “This new film is very DI-friendly. I could isolate backgrounds and make them darker without introducing electronic noise. I chose to overexpose large parts of the frame in some shots, and it was transparent. That gave me a lot of freedom to fine-tune looks. I think VISION3 widens the gap between film and digital imaging.”
Il est vrai que le photogramme tiré des tests des écarts d'exposition est parlant. On constate surtout que ce film est très performant dans les hautes lumières, beaucoup moins dans les zones sombres. On l'utilisera donc plutôt en complément de la Vision2 Expression.
Cliquez sur l'image pour la voir en plus grand, ou retrouvez-la sur le site de Kodak US.

Les écarts d'exposition sont mesurés par rapport au diaph choisi. On constate qu'il reste des détails dans la zone 7, qui est pourtant surexposée de 6 diaphs par rapport à l'ouverture sélectionnée de 2.8. Par contre le noir est rapidement atteint.
Pour mémoire, les écarts d'expo pour la Vision2 500T Expression:

C'est l'inverse ici: les écarts de luminosité des zones sombres sont très finement restitués alors que les détails commencent à disparaître aux alentours de +2 diaphs de surexposition.
Pour aller plus loin
Ailleurs sur ce blogEclairage d’un visage - le Virtual Lighting Studio
29 décembre 2007
Diffuseurs vs. réflecteurs

Les réflecteurs encombrent la partie du plateau qui est la plus précieuse: celle de l'espace de jeu. L'un des avantages des diffuseurs (sur la photo) est de libérer au maximum ces précieux centimètres carrés.
Vu que ça pourrait vous intéresser, je reproduis ici l'extrait d'une réponse que j'ai donnée par mail à l'un des participants du dernier Cours Lumière. Sa question tournait autour des avantages et désavantages des réflecteurs, par rapport aux diffuseurs.
Je préfère les diffuseurs dans les cas où j'ai assez de lumière (je veux dire assez de projecteurs) pour faire ce que je veux. Dans ce cas jeux peux être plus précis en visant à travers un diffuseur plutôt qu'en rebondissant sur un réflecteur.
En revanche, j'utilise les réflecteurs pour dompter la lumière naturelle, c'est-à-dire essentiellement pour faire rebondir la lumière (ciel, fenêtre, feu, ou même projecteur puissant en contre-jour, etc.) et adoucir les contrastes en débouchant les ombres. Comme "fill", si tu préfères.
Comme je le disais au cours, les réflecteurs encombrent les plateaux (la lumière et le comédien/objet sont du même côté du réflecteur) et sont moins précis.
Mais ils "débouchent" très bien les zones sombres, pour arriver à des noirs qui contiennent encore des détails par exemple.
Il m'arrive de faire peindre l'une des faces d'un poly en couleur "sable du Sahara" (il y a plein de couleurs différentes dans le Sahara, mais tu vois à peu près la teinte) pour que les ombres soient débouchées non pas par du blanc, mais par une légère teinte qui valorise les visages. Ca serait plus difficile à réaliser avec des projos et des diffuseurs en extérieurs.
Colorer les réflecteurs peut aboutir à des effets artistiques intéressants. Quelques rangs devant moi dans l'avion, un type est assis près d'un hublot et le soleil lui tape sur les cuisses. Il a suffi qu'il prenne un petit coussin grenat sur ses genoux pour que toute la cabine soit éclairée en grenat.
Je me sers de ce genre d'effet pour simuler des mouvements de lumière (effet feu, explosions) en agitant des tissus colorés ou des panneaux solides devant des projos. Ca fait un peu "Tiers-Monde", mais c'est efficace.
Pour aller plus loin
- Lumière texturée
- Palette chromatique des films en un clin d’oeil
- Andrew Lesnie relève un nouveau défi
Ailleurs sur ce blogLaszlo Kovacs s’est éteint
16 décembre 2007
Sous le soleil d'Ipanema

Je suis allé voir le Grand HMI d'un peu plus près, à l'occasion d'un reportage à Rio. Bien que je ne sois pas très playa far niente, je dois dire que mon hôtel m'incite à traverser la rue et longer la plage jusqu'à Copacabana. Ce matin à 6 heures, j'ai admiré le lever de soleil depuis la plage déserte. Ce soir, bain de minuit. Et demain, au boulot.
Pour aller plus loin
Ailleurs sur ce blogFormats et nuances de la lumière: un sujet à réflection
10 décembre 2007
Abou Amal - première diffusion
Pour ceux qui capteraient cette chaîne, le film sera rediffusé selon les horaires suivants:
Jeudi 13 décembre à 16h50 (17h50 heure de Paris)
Mercredi 19 décembre à 10h50 (11h50 heure de Paris)
Je précise cela parce que je constate que 220 visiteurs uniques ont lu le post qui concerne ce film dans les heures qui ont suivi sa première diffusion!
Pour aller plus loin
Ailleurs sur ce blogPremier jour tournage de nouveaux spots
09 décembre 2007
Bilan Fête des Lumières 2007

Le Jardin des Lumières
Bilan mitigé à mon avis: l'un des pièges dans lesquels bon nombre d'artistes tombent chaque année avec les attractions grand public basées sur la lumière, c'est qu'ils se contentent du premier degré, celui qui poussera le spectateur à dire "oh!" ou "ah!". A Lyon on ne compte plus les vieilles bâtisses splashées de rose et de bleu, ou des dias-shows plus ou moins aléatoires projetés sur d'autres façades plus ou moins prestigieuses. Le public fait effectivement "oh!" ou "ah!" et s'en retourne avec l'impression vague que "c'était joli". Or ça n'était pas joli. Ca changeait de l'ordinaire, soit. Ca nous a obligé à lever le nez pour regarder une façade que nous n'avions pas remarqué, soit. Mais ça n'était pas "joli". C'était même assez moche en fait, plutôt vulgaire, bâclé, et surtout dépourvu de la moindre poésie.
En matière de lumière comme en matière de sensations tactiles ou olfactives, nous en sommes restés au niveau des mammifères: nous ressentons mais arrivons rarement à exprimer et analyser ce que nous avons ressenti.
Mon palmarès de cette année pôvrette plébiscite justement deux installations particulièrement chargées de poésie ou d'intelligence: le Jardin des Lumières installé par Sophie Guyot sur la place Antonin Poncet, et En Mille Morceaux de Lumière mis en place par le collectif Tilt sur les berges du Rhône.
Le Jardin, c'est 2000 fleurs lumineuses et quelques jardiniers mystérieux qui les entretiennent, leurs capelines blanches et leurs gestes millimétriques et ralentis évoquant des fantômes, gardiens d'un temple végétal hors du temps. L'une des idées de Sophie Guyot est d'évoquer la précarité et l'impermanence de la Nature en jouant sur le fait que chacune de ces tulipes fonctionne sur une pile et que sa lumière "fane" avec le temps, obligeant les Jardiniers à les remplacer. La charge poétique émouvante de cette installation détonne fortement avec le tintamarre lumineux ambiant.
Mini-interview en pleine fabrication des tulipes:
Les Mille Morceaux sont un éboulis de 170 pixels géants (un mètre cube par pixel), répartis sur 200 mètres des berges du Rhône. Ces pixels changent de couleur et clignotent dans des séquences à la fois cohérentes et énigmatiques. Le collectif Tilt semble aborder ses projets avec une vision à la fois architecturale et artistique, cherchant dans la répétition de formes simples à révéler un lieu sous un jour neuf. Ces cubes sont aussi bienvenus sur les lignes de fuite des berges que leurs "joncs lumineux" complétaient l'univers un peu trop minéral d'une jetée genevoise, qu'ils avaient éclairé il y a quelques années.

L'un des concepteurs s'explique sur une vidéo dans cette page de Lyon Actualités.
Ces deux installations mises à part, rien de bien spécial à signaler, à part peut-être une tentative à demi-réussie: celle d'une boule translucide géante, transpercée de projecteurs puissants censés reproduire sur les façades environnantes l'effet du soleil traversant des vitraux. L'approximation du résultat (ces effets ne sont visible que très ponctuellement) et la dilution du concept dans un spectacle à base de robots lumineux, relègue cette boule à facettes au rang des autres farces et attrapes de cette Fête aux ambitions trop floues.
Pour aller plus loin
Ailleurs sur ce blogTournage Spot Pub - 3. Post-prod
08 décembre 2007
Fête des Lumières 2007

Une petite recherche sur Google images vous donnera un aperçu.
Pour aller plus loin
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01 décembre 2007
Seoraksan: mission accomplie
Pour aller plus loin
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26 novembre 2007
Pour le plaisir des yeux

Je penserai à vous dans les brumes éternelles du Pays du Matin Calme.
16 novembre 2007
Pluie, ombres et brouillard

Demain samedi soir une fraction de l'équipe originale de Vincent, le Magnifique se retrouvera au bord d'une tombe pour filmer une séquence nocturne sous la pluie. Une pluie artificielle, bien sûr. L'avantage de la pluie ou d'un léger brouillard, dans les séquences d'extérieurs nuits, et de donner une texture à l'air, et de donner au cerveau des points de repère d'échelle qui lui facilitent la lecture tridimensionnelle de l'espace: les avants-plans sont nets et contrastés, alors que les arrière-plans se perdent peu à peu dans les masses grises de la pluie ou de la brume. Notre cerveau est alors capable de jauger l'éloignement des éléments par rapport à la caméra, et donc de restaurer la troisième dimension, celle de la profondeur.
Fumée et pluie peuvent aussi servir à créer des atmosphères fantastiques, et donner du caractère aux images. Exemple ci-dessous tiré du tournage du précédent film de Pascal Forney. Une séquence nocturne - le cauchemar d'un épouvantail - montrait une moissonneuse batteuse qui devait s'approcher du personnage avec un air menaçant.
De nuit, l'engin n'avait rien de bien spécial. Pour en faire un personnage de cartoon, on a commencé par lui installer des yeux (des PAR64 avec des gels d'un vert spécifique à la palette du film):

Les contours de l'engin se sont pas lisibles, et il ne dégage rien d'effrayant. L'ajout de fumée 10 mètres derrière, et éclairé en contre-jour, en dessine les contours et évoque quelque chose de plus menaçant:

La scène se passant par une nuit d'orage, on ajoute notre propre pluie en deux couches distinctes: un large rideau pour le fond, légèrement à l'avant du véhicule, et un rideau plus étroit au premier plan, à cinq mètres de la caméra. Dans le but de contôler l'effet graphique de la pluie, les deux rideaux sont éclairés séparément (des HMI CinePar 2.5 avec nid d'abeilles et diffusés par des grands cadres pour rendre chaque goutte bien lumineuse).
L'effet final donne une image qui illustre l'état mental du témoin de la scène: cette moissonneuse est tout droit sortie des Enfers.

photos © Julien Etienne
Pour aller plus loin
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10 novembre 2007
Prochain cours lumière: imminent
09 novembre 2007
Autres photos du film

© Melina Costas
Rachel Gordi & Alexandre De Marco
Melina Costas est Directrice Artistique sur Vincent, Le Magnifique. Elle a la charge de coordonner les couleurs et les textures tant au niveau du maquillage, des coiffures, des costumes et des décors. Son travail influence évidemment beaucoup le mien.
Il est rare en Suisse de travailler avec un tel interlocuteur, mais je trouve ça précieux, surtout pour un film en costumes, un conte qui se doit d'être cohérent. Par exemple la palette de couleurs a été déterminée plusieurs mois avant le tournage, pour que tous les départements puissent accorder leurs efforts dans la même direction.
Melina tient aussi un blog, dont voici l'adresse: http://www.melinacostas.ch/blog_frame.htm
Une visite s'impose, évidemment.
Pour aller plus loin
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