11 janvier 2007

Formats et nuances de la lumière: un sujet à réflection

La Viper sur mini-Skater


L'un des avantages de tourner avec une telle caméra, qui "voit" la lumière à peu près comme une émulsion (film négatif), c'est de permettre de restituer une grande palette de nuances dans les hautes lumières, pour distinguer diverses familles de "blancs" et maintenir de la sorte une image riche d'informations.



Ces photos ont été prises avec un appareil numérique qui sature plus rapidement que la Viper dans les hautes lumières, c'est pour cela que tous les réflecteurs semblent blancs et brûlés. Une caméra DV rendrait sans doute encore moins de nuances que mon réflex numérique.
Je prétends donc, contrairement à ce qu'un "vétéran" auto-proclamé m'avait affirmé au début de mes incursions dans le 35mm, qu'il est bien plus difficile d'éclairer de façon nuancée un film tourné en DV ou en Super-8 inversible: la marge de nuances entre le noir et le blanc y est beaucoup plus étroite que sur un négatif film. Ce dernier encaisse des écarts de luminosité considérables et les restitue convenablement, alors qu'il faut ruser dans les petits formats pour donner l'illusion d'une image riche - c'est-à-dire une image qui semble respecter les infinies subtilités de la lumière.
Du coup, il n'est pas du tout indigne de s'exercer longtemps à dompter la lumière sur des petits formats avec moult accessoires peu onéreux (drapeaux, mamas, réflecteurs, diffuseurs, gélatines ND, filtres) avant de passer à des formats plus conséquents (Super-16, 35mm, cinéma digital).
J'entends souvent que, sous prétexte que les petites caméras peuvent filmer avec très peu de lumière, on peut négliger de contrôler la lumière. C'est tout le contraire: les formats amateur exigent un contrôle très pointu des écarts d'exposition, donc des projecteurs adéquats, dont le choix est précisément lié au style que l'on désire obtenir.

Sur la première photo, la caméra est fixée sur le Skater de P+S Technik, un procédé simple et ingénieux pour réaliser des travellings fluides en courtes focales.
Infos: http://www.pstechnik.de/en/skater-mini-camera-dolly.php

2 commentaires:

  1. Je suis assez d'accord, c'est beaucoup plus difficile d'obtenir une belle image nuancé sur un "petit" format.

    Cela dit, je me pose une question :
    Un format professionnel et un amateur (disons pour simplifié du 35 et du DV) donnent tous deux des images qui vont du noir ou blanc, et qui devraient donc contenir toutes les nuances se trouvant entre les deux. Mais tu dis très bien que sur le DV, les blancs crament plus vite, donc quelque part que la latitude de pose est inférieur (ca limite c'est pas nouveau)

    Disons donc que pour aller du noir au blanc en 35mm, je vais de 0lux à 20 lux (ce sont évidemment des valeurs arbitraires), et que en DV on irait de 5lux à 15lux. Est-ce qu'il faut donc espérer pouvoir avoir les mêmes nuances, avec simplement des écarts de luminosité moindre ? Est-ce que le gris qu'on pourrait obtenir à 18lux en 35 sera le même que celui obtenu à 14lux en DV ?

    En gros, est-ce que tu penses que les mêmes nuances peuvent être retrouvé en DV avec simplement des écarts d'illumination beaucoup plus faible (et donc plus difficilement maitrisable) ou que le DV n'est malgré tout pas capable de retrouver toutes les nuances d'un format plus haute gamme ?

    J'aurais tendance à pencher pour la deuxième hypothèse, que le DV ne peut pas "coder" autant de valeur de luminosité qu'un support chimique. Le rendu des nuances et des couleurs est d'ailleurs pour moi une des grosses différences entre la pellicule et la vidéo, plus que la définition, le support chimique pouvant prendre à mon avis un nombre de valeur quasiment infini (de l'analogique quoi) alors que ce nombre est bien défini pour la vidéo. Mais j'aimerais avoir l'avis de quelqu'un ayant plus d'expérience que la mienne qui reste encore très faible, surtout en pellicule.

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  2. Merci Nicolas pour ces réflexions. Et tu as raison de différencier la plage de sensibilité et les nuances de luminosité à l'intérieur de cette plage. En fait les formats qui codent sur 8 bits ne tolèrent que 256 niveaux de luminance différents - contre 1024 sur une caméra 10 bits. Donc non seulement la DV possède une plage de sensibilité réduite (par rapport au film par exemple) mais elle ne restitue "que" 256 gris différents. Les nuances les plus fines sont donc perdues. Pour donner au spectateur le sentiment de nuances subtiles en DV, tu devras donc éclairer en gardant à l'esprit de préserver un maximum de ces 256 nuances. Tout en évitant des dégradés trop subtils sur des surfaces lisses, puisque ces dégradés s'afficheraient comme des bandes de gris différents.
    Cette subtilité est déterminante dans l'éclairage des petits formats, et pour cette raison je suis persuadé que réussir à produire de bonnes images en 8 bits constitue une excellente école pour un futur chef op.

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