04 décembre 2009

Encore Lester - photos de plateau

En bref  Photos de plateau de Lester : l'ambiance, le matériel mobilisé, l'équipe au travail. Un tournage très médiatisé pour un film suisse à budget modeste — la preuve qu'un Film Noir peut exister hors de Hollywood si l'équipe y croit.


Je profite de ce tournage très médiatisé pour montrer diverses facettes de la vie du plateau. Ces trois photos extraites d'une longue série montrent l'ambiance, le matériel mobilisé et l'équipe au travail. Vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir, comme toutes les photos de ce blog.

Sur la photo ci-dessous un projecteur un peu spécial, le HMI X-Light 4 kW de chez Arri. Son réflecteur cyclindrique peut être remplacé par du métal noir pour que seule l'ampoule éclaire la scène, d'où des ombres très nettes, et une lumière très étale.




Ci-dessous: Ian, Joon, Tof, Nico et Jim affairés autour du GF-Jib, un bras de grue particulièrement costaud et fluide fabriqué à Munich par GFM.



photos © Adee // www.photoadeected.ch

03 décembre 2009

Le plateau de Lester

En bref  Making of de Lester : la vie quotidienne sur un plateau de film de genre — machinerie, éclairage, répétitions. Court mais évocateur, il montre une bonne partie du matériel déployé pour un film à petit budget qui ne sacrifie pas l'ambition visuelle.


Si vous voulez voir à quoi ressemblait la vie quotidienne sur le plateau de Lester, allez voir le premier Making Of réalisé par Lisa Skory. Court mais évocateur.
Il a été posté aujourd'hui sur le site d'imaginastudio.
Vous verrez une bonne partie de l'équipe image:

Christophe Persoz, Chef Electro
Jean-Marie Belloteau, Premier Electro
Romain Guex, Electro
Philippe Seidel, Electro
Ian Lecoultre, Electro
Nicolas Lastschenko, 1er assistant caméra
Thomas Wilski, 2e assistant caméra
Jérôme Bourquin, 3e assistant caméra
Julien "Joon" Conod, Chef Machino

Il y avait aussi une équipe de "Data Wranglers" et de développeurs d'une solution de post-prod, les dompteurs de données de Marquise Technologies, dont je reparlerai dans un autre post.

02 décembre 2009

Lester: premières images

En bref  Le film Lester tourné en studio avec une RED One en build 21, presque entièrement en tungstène. Le choix du studio : faciliter l'éclairage et les mouvements de machinerie pour un film de vampire et Film Noir. Des images brutes, non étalonnées, qui montrent le regard du chef opérateur avant l'intervention de la post-production.

L'une des images du film, non étalonnée. © imaginastudio
cliquez pour agrandir

Le film a été tourné en studio pour faciliter l'éclairage et les mouvements de machinerie. Nous avons presque tout éclairé en tungstène, avec une RED One en build 21. Depuis quelques mois en effet, la fidélité de reproduction des couleurs en lumière artificielle est équivalente à celle en lumière du jour.

Dans ce film je voulais surtout explorer les ténèbres et les nuances de la nuit, mais aussi les "hair lights", ces contre-jours plus ou moins doux - et en général peu réalistes - sur les cheveux des personnages, si typiques des films nord américains.

L'héritage théâtral de leur industrie cinématographique se ressent par le fait que les comédiens sont éclairés par des lumières qui proviennent d'assez haut (au théâtre, on parlerait des "cintres") parce que leurs décors sont le plus souvent construits sans plafonds. Ce dispositif facilite les découpes entre les premiers et les arrières-plans, et libère l'espace de jeu.

Nous avons profité des grills au-dessus du décor pour installer 16 Fresnels 1kW, pilotés par une console, pour assurer tous les "hair lights" envisageables.




Le lit et sa lampe de chevet jouent un rôle important dans le film. Nous avons recréé les différents effets de la lampe en orientant précisément une demi-douzaine de ces Fresnels, munis de gélatines Pale Amber.
D'autres projecteurs étaient destinés aux lumières de la nuit urbaine, qui projette de longues ombres contre les visages et les murs.
Voici le résultat, une fois que chaque projecteur était dirigé et son intensité réglée pour obtenir un effet entre l'expressionnisme et le réalisme:




Une autre image tirée des rushes, non étalonnée. © imaginastudio
cliquez pour agrandir

01 décembre 2009

Les rayons parrallèles du Ruban blanc

En bref  Christian Berger, chef op du Ruban blanc de Haneke, invente un type d'éclairage spécifique pour maximiser l'espace sur le plateau : les rayons parallèles, une technique qui simule la lumière du soleil traversant une fenêtre avec une précision géométrique. L'innovation au service de la contrainte.


Je n'ai pas encore vu le Ruban Blanc de Haneke.
Mais Julien Schlaepfer me signale un papier intéressant paru dans l'AFC qui détaille un type d'éclairage particulier que Christian Berger, le chef op du film, a inventé pour faire un maximum de place aux acteurs sur le plateau.
Basé sur des sources HMI de relativement faible puissance et un réflecteur parabolique breveté qui rend les rayons parrallèles, le système est placé à l'extérieur du décor et permet de n'utiliser que de petits réflecteurs près des comédiens, en lieu et place de projecteurs.
Je vous laisse lire la suite:

Clooney dans les nuages



Trouvée sur le site du Making Of des derniers spots Nespresso. Joli alignement de drapeau, mama et cadre de diffusion. Notez que les trépieds sont munis de balles de tennis et que le sol est protégé. Auraient-ils réellement tourné au Paradis?

28 novembre 2009

Doublures lumière

En bref  Des têtes de mannequins pour coiffeuses comme doublures lumière sur le film Lester : quand les comédiens ne peuvent pas rester en place pour les réglages, j'improvise. Un film nocturne où les pénombres jouent un rôle crucial exige des tests de lumière précis — impossible avec un fantôme qui bouge.


En plein tournage de "Lester", un film nocturne où les pénombres jouent un rôle important.
Difficile de demander aux comédiens, surtout aux jeunes, de rester en place pour les tests lumière.
J'ai trouvé un moyen: des têtes de mannequins pour coiffeurs. Mon chef électro Christophe Persoz en a trouvé une demi-douzaine, qu'on pose aux endroits stratégiques: là où les comédiens s'arrêtent, les endroits à dialogues, etc.
Sur cette photo, on testait la façon dont un visage se découpait contre un fond bleu clair.


19 novembre 2009

Gordon Willis reçoit un Oscar pour son oeuvre

En bref  Gordon Willis, le « Prince des Ténèbres », reçoit enfin son Oscar Lifetime Achievement. Le chef op du Parrain, de Manhattan et d'Annie Hall a passé sa carrière à explorer la pénombre — des yeux d'Al Pacino dans l'ombre, des intérieurs si sombres que les studios tremblaient. Willis a prouvé que moins de lumière pouvait en dire davantage.




Une image du Manhattan de Woody Allen, photographié par Gordon Willis.
L'irrascible Gordon Willis a enfin reçu le Lifetime Achievement Award. Ce chef op était appelé le Prince des Ténèbres parce qu'il préférait explorer la pénombre plutôt que les hautes lumières.
Quelques bons mots glânés au cours de la soirée, rapportés par le New York Times:
After raising a toast to Gordon Willis, the cinematographer behind movies like "The Godfather" and "Manhattan,"Caleb Deschanel, a protégé, cut close to the bone by telling how Mr. Willis's salty ways had almost certainly kept him from winning an Oscar over the years.
Mr. Willis, he noted, had referred to professional peers as "flamethrowers," presumably for using what he believed was too much light. Many directors, he quoted Mr. Willis as saying, were just "dump trucks," who piled up film for an editor to sort out. As for Hollywood's film labs, he said, Mr. Willis dismissed them as "laundromats."
Accepting his Oscar, Mr. Willis, who is 78, has weak eyesight and is working less, had some consolation for the many actresses who objected to his preference for shadows, which often obscured their lovely faces.
"It's O.K.," he said. "It's over now. You're safe."


16 novembre 2009

Les Esprits du Vin

En bref  Éclairer le spectacle « Les Esprits du Vin » de la Compagnie NEO dans des cuves à vin gigantesques : un chef opérateur de cinéma appliqué au spectacle vivant. Les mêmes principes — une source dominante, des accents, de la fumée — mais l'impossibilité de recommencer la prise change tout.


La Compagnie NEO m'a demandé d'éclairer son spectacle "Les Esprits du Vin".
Mélange de poésie et d'exploits physiques, la performance était le clou de l'inauguration d'une nouvelle série de cuves à vin gigantesques.

Sentant que ça pourrait l'intéresser, j'ai fait appel à James Rosset et sa vaillante équipe, et ensemble nous avons mis en lumière le spectacle.
James est un amoureux fou des couleurs, doublé d'un ingénieur. Il a inventé un projecteur capable de reproduire toutes les nuances du spectre, y compris les plus rares, sans passer par les LEDs ni des gélatines. Ces couleurs très limpides, et parfois très complexes, touchent directement le plexus (et les tripes) du spectateur.

En plus de la richesse de rendu, ces "Copernics" ont bien la pêche. Là où les gélatines habituelles enlèvent parfois 2 ou 3 diaphs, les Copernics balancent les couleurs à pleine intensité.

En tout, nous avons placé 85 projecteurs et 2km de câbles pour les relier à une console DMX.

13 novembre 2009

Les murs de Lester

En bref  Les murs blancs de nos appartements sont l'ennemi du chef opérateur : un acteur positionné trop près paraît grisâtre comparé à la blancheur de la paroi. La solution : assombrir les murs avec des drapeaux ou des teasers, ou les peindre dans des tons plus neutres. Contrôler ce qui entoure le sujet compte autant qu'éclairer le sujet lui-même.
Les murs de nos appartements ont un défaut: ils sont trop clairs.

Ceci entraîne deux problèmes:

- Un acteur positionné trop près semble grisâtre comparé à la blancheur de la paroi, alors qu'il devrait en principe être le centre d'intérêt du plan;
- Les lumières des projecteurs rebondissent plus facilement dans la pièce lorsqu'ils tapent contre un mur clair, ce qui rend plus ardu le contrôle des contrastes du plan.

Dans la pratique, on peut bien entendu jouer des drapeaux et des mamas pour atténuer les effets indésirables de la lumière sur les murs, mais on y perd pas mal de temps pour des résultats pas toujours artistiques.

Alors qu'il est plus simple de diminuer la luminosité des murs en les peignant dans des valeurs autour du gris moyen, et pourquoi pas dans des teintes qui riment ou contrastent avec celles de la déco ou des costumes.

Toute l'idée autour de murs "gris moyen" est d'avoir la latitude de les éclaircir ou de les assombrir avec la lumière.

Pour "Lester" j'ai proposé un gris légèrement bleuté, qui évoquera les couleurs de l'éclairage lunaire. Une paroi gris/bleu pourra ainsi devenir presque noire ou au contraire frôler les hautes lumières et garder sa teinte froide.




Le système NCS (illustré ci-dessus) est l'équivalant d'un nuancier Pantone, mais me semble plus pratique pour cerner la couleur et la luminosité au plus près, en se servant des couleurs, des graphs et des valeurs numériques. Le bleu affiché sera celui des murs de Lester.

Lester: un vampire dans l'ombre

En bref  Lester, film de vampire et Film Noir : le réalisateur Pascal Forney refuse les clichés du genre — pas de sang dégoulinant ni de canines fluorescentes. L'éclairage bas et contrasté du Noir classique épouse naturellement l'univers vampirique, prouvant que les ombres suffisent à créer l'effroi.

extrait du story-board de Julien Nicaud © imaginastudio 2009


Le prochain film au programme est doublement un film de genre, puisque c'est à la fois un film de vampire et un Film Noir.

Le réalisateur de "Lester" Pascal Forney refuse de recourir aux codes visuels des films de vampires principalement parce que le spectateur doit douter si le personnage principal est un affabulateur ou s'il s'agit d'un véritable vampire.

Nos envies visuelles se sont plutôt portées vers l'esthétique du Film Noir, forgée dans les années 30 à 50 aux Etats-Unis. Si je devais citer une influence pour moi dans ce registre esthétique, ce serait celle de John Alton (lien imdb). Que ce soit en couleurs ou en NB, il ciselait ses images comme un sculpteur, souvent à partir d'une source unique, très puissante. Les longues ombres qui léchaient les sols et les murs devenaient alors des révélateurs des rapports de force entre les personnages. Je me souviens particulièrement de Reign of Terror, où il transformait (avec le réalisateur Anthony Mann) un film historique sur la Révolution Française en un époustoufflant thriller expressionniste.

Mis à part une intro en extérieurs, le film entier se passe dans une chambre.
Pour mieux contrôler tous les paramètres (murs amovibles et orientables, recul de la caméra, positionnement précis des projecteurs, etc.) j'ai suggéré qu'on tourne en studio. 
Une bonne partie de l'équipe de "Vincent, le Magnifique" est déjà affairée à la préparation.

12 novembre 2009

Merci...

... pour vos encouragements à poursuivre ce blog!

En fait un blog c'est comme le sport. Si on arrête un temps on a de la peine à reprendre les entraînements.

C'est donc officiellement reparti. Ca démarre par un sprint: "Lester", le nouveau film de Pascal Forney.

22 août 2009

Back

Je suis de retour et j'ai pas mal de choses à vous raconter. En attendant je déménage la semaine prochaine. Donc encore un peu de patience. A très bientôt.

10 juillet 2009

Maroc 09

En bref  Tournage au Maroc de Les Mécréants, une comédie spirituelle. Je retrouve les lumières marocaines après Abou Amal et Châtiment — cette fois dans un registre plus léger, mais les défis d'éclairage restent les mêmes : gérer un soleil impitoyable et des intérieurs sombres.
Je m'envole pour un tournage au Maroc. Le film s'intitule "Les Mécréants", c'est une comédie spirituelle réalisée par Mohcine Besri.
Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, certaines choses étant encore un peu confidentielles ou non finalisées avec les autorités du Royaume.
Je compte poster depuis là-bas. Par contre, les Master Class devront attendre un mois. D'ici-là, j'espère qu'une solution de partage facile aura vu le jour dans les commentaires ;-)
Je vous souhaite un bon mois de juillet!

07 juillet 2009

SFX H2O

En bref  Prises de vues d'effets spéciaux dans un aquarium : deux grandes softboxes éclairent les poissons et les objets qui seront intégrés dans une composition 3D temps réel photoréaliste. La lumière physique sert ici de référence pour la lumière virtuelle — le réel au service du simulé.


En direct du plateau de tournage: prises de vues d'effets spéciaux dans un aquarium. Ces images serviront d'éléments dans une composition 3D temps réel qui recréera un aquarium photoréaliste.
Dans l'image, vous pouvez distinguer:
- deux grandes softbox (des Chimeras sur Blondes sur variateur) pour adoucir les contrastes en élevant le niveau d'illumination de base;
- un Fresnel 2K au-dessus de l'eau, fixée au bout d'un "boom arm ", pour créer des effets caustiques lorsque la surface de l'eau bouge;
- deux Fresnels à droite cadre: l'un pour donner du relief au sable, l'autre (un misar) pour déboucher les ombres sur le gravier au premier plan. Ce mizar, qui était trop jaune, a été muni d'un demi CTB.

Prochaines étapes: les bulles, les plantes. Les poissons seront... synthétiques.

Prises de vues en RED à 5500°K avec filtre 80D.
Production: Kenzan Technologies

02 juillet 2009

Livres essentiels en lecture gratuite

En bref  Google Books donne accès gratuitement à des pans entiers de livres essentiels sur la lumière de cinéma — bien indexés, consultables par mot-clé. Une mine pour les autodidactes qui ne peuvent pas se permettre les prix des ouvrages spécialisés.






Je viens de découvrir que certaines parties de bon nombre de livres importants en matière de lumière de cinéma sont disponibles en lecture gratuite dans la partie Books de Google.

Ils sont en anglais, et très bien indexés - si vous cherchez un terme technique par exemple.

Je vous laisse faire un tour. Les quelques livres ci-dessus sont pour moi des classiques dans leurs genres respectifs (interviews, données techniques, etc.). C'est une mine d'infos trop méconnue.

28 juin 2009

Master Class - Geoff Burton et les tournages en décors réels

En bref  Masterclass de Geoff Burton sur les tournages en décors réels : la lumière en extérieur et intérieur jour, avec et sans moyens. Les techniques n'ont guère changé depuis les années 90 — mais l'usage des KinoFlos en intérieurs jour s'est largement répandu, remplaçant le tungstène diffusé.





Cette Master Class se propose de faire le tour des éclairages les plus courants en situation de tournage dans des décors réels, en extérieurs et intérieurs jour.

Mis à part le fait qu'on recourt aujourd'hui davantage aux KinoFlos en intérieurs jours, les bases (direction, stratégies, astuces) restent valables.

Geoff n'est pas avare de conseils: à vous de les appliquer judicieusement.
C'est ici que ça se passe.

Kodachrome: The End

En bref  La disparition du Kodachrome : une émulsion mythique au spectre incomparable. Les clichés de Steve McCurry font la part belle à la lumière — ses couleurs saturées mais jamais criardes restent un étalon que le numérique cherche encore à égaler. Après l'ampoule à incandescence, une deuxième extinction.



Après la disparition annoncée de l'ampoule à incandescence, voici celle du Kodachrome.
C'était une émulsion mythique. Kodak a préparé un joli diaporama, mais les clichés de Steve McCurry (de 14 à 32) sortent du lot. Elles font la part belle à la lumière naturelle.

25 juin 2009

Les photons organiques

En bref  Les écrans OLED de Konica Minolta ouvrent la voie à une nouvelle source de lumière : douce, fine, flexible, avec un bon rendement et peu de chaleur. Le désavantage : un indice de rendu des couleurs encore perfectible. Les photons organiques annoncent une révolution qui mettra des années à mûrir.


Les écrans OLED remplaceront peut-être un jour votre plasma/LCD.
En attendant, Konica Minolta lance une nouvelle source de lumière basée sur cette technologie.
Avantages: bon rendement, faible chaleur, finesse, puissance, flexibilité, poids...
Désavantage: sans doute la température de couleur, et encore j'en doute vu qu'ils équiperont les TV d'un futur proche. Le prix, par contre, risque d'en dissuader plus d'un. Pour l'instant.

En attendant, le site web fait rêver.

23 juin 2009

Lumières "japan style"

En bref  James Turrell, artiste californien, mélange lumière et architecture dans une maison japonaise : les espaces deviennent des volumes de lumière habités. Pour un chef opérateur, Turrell démontre que la lumière ne se contente pas d'éclairer un lieu — elle peut le constituer.

Un certain James Turrell, artiste californien, aime mélanger la lumière à l'architecture.
Exemple particulièrement réussi: cette maison japonaise.
Je vous laisse découvrir le film, et lire l'article pas barbant du tout (mais en anglais) sur l'endroit.

Ca me fait penser à un autre lieu qui sacralise la lumière: les bains de Vals, dessinés par Zumthor. Et vous, avez-vous déjà été dans un tel endroit?

Cette maison m'évoque également le livre "Eloge de l'ombre", dont je vous recommande vivement la lecture. Ecrit en 1933 alors que le Japon découvrait l'életricité, Tanizaki Junichiro y décrivait très simplement les émotions esthétiques que procuraient la semi-obscurité sur les meubles laqués, ou les lueurs diffuses et dégradées derrière les fenêtres en papier de riz.

Merci à Alexandre pour l'info.

20 juin 2009

Master Class - Robby Müller & Peter James

En bref  Masterclass « Lighting for Drama » : Robby Müller et Peter James confrontent deux philosophies d'éclairage radicalement différentes sur les mêmes scènes. Peter James modifie le décor pour servir la lumière ; Müller adapte sa lumière au décor existant. Deux visions, deux résultats — aucun n'a tort.


Cette Master Class est intitulée "Lighting for Drama", mais c'est surtout une occasion pour deux chefs op de confronter des approches très différentes de l'éclairage de studio.

Peter James ("Driving Miss Daisy") modifie le décor et influence la mise en scène, affirmant que le cinéma est de toute façon une tricherie permanente. Alors que Robby Müller ("Paris, Texas") essaie de faire au mieux avec les contraintes proposées.

Le cheminement de leurs pensées est passionnant à suivre, et les résultats qu'ils obtiennent démontrent clairement qu'il n'y a pas de bonne et de mauvaise manière d'aborder le travail sur le plateau, tant qu'il y a cohérence entre une certaine vision du monde et la façon de la restituer derrière l'objectif.

Le film est dispo en suivant ce lien.

14 juin 2009

Master Class Series - John Seale

En bref  Masterclass Kodak avec John Seale (1993) : le chef op de Witness, Rain Man et Le Patient anglais démontre sa méthode en éclairant des scènes en studio. L'un des premiers volets de la série, où l'on voit un maître travailler — pas expliquer, mais faire — sous les yeux d'étudiants.



Ce premier volet de la série des Master Class est sans doute aussi l'un des plus anciens (1993). Les MC suivantes seront plus abouties, et feront la plupart du temps appel à deux chefs op qui ont des façons très différentes d'éclairer des séquences identiques.

Ici l'Australien John Seale, l'un des chefs op actuels les plus doués (sa filmo est vraiment impressionnante), explique sa philosophie de la lumière et du métier, et entre dans des détails très concrets au travers d'une re-créations du tournage des séquences de chambre de "Dead Poets Society". L'objectif principal étant de recréer des ambiances spécifiques aux saisons ou à certaines heures du jour.

L'accent australien et le son original de la vieille VHS rendent certains propos difficiles à comprendre à la première vision. Réécoutez-les jusqu'à ce que vous les compreniez, parce que John livre des trucs et des conseils que peu de pros comme lui acceptent de partager.
Si l'un d'entre vous peut traduire ses propos et générer un quicktime avec les sous-titres, je me ferai un plaisir de poster la version sous-titrée. Je manque de temps pour faire tout ça seul, votre aide me serait précieuse.

John appartient à la même famille de chefs op que Conrad Hall ou Gordon Willis, à savoir des grands pros qui osent et cherchent des solutions hors des sentiers battus, quitte à prendre des risques.
Il me semblait donc logique de commencer la série par ce segment.
Je posterai les autres au fur et à mesure, pour vous permettre de déguster chaque épisode plutôt que de télécharger les huit et de les survoler. Je vous connais ;-)

Vous pouvez accéder au film en suivant ce lien.

13 juin 2009

Masterclasses Kodak: le bout du tunnel

En bref  Les Kodak Cinematography Master Class Series, organisées par l'AFTRS en Australie, sont devenues introuvables sur le marché. Ces séances où de grands chefs opérateurs analysent et éclairent en direct des scènes identiques constituent un outil pédagogique irremplaçable — la transmission du métier par l'exemple.




Je vous avais déjà parlé des indispensables "Kodak Cinematography Master Class Series" organisées par l'Australian Film, Television and Radio School - AFTRS. Je me rends compte qu'elles sont aujourd'hui impossibles à trouver sur le marché - ou vraiment trop chères. J'ai passé beaucoup de temps à chercher des DVD (ou même des VHS), en pure perte.

Je me propose donc de vous les mettre à disposition online. J'ai digitalisé les bandes VHS de tous les cours. Tout en me rendant compte de l'aspect borderline de ma démarche, je privilégie le partage des connaissances.

Ces MC ont été données il y a une quinzaine d'années par des chefs op de renom comme Allen Daviau, Denis Lenoir, Sacha Vierny, Dean Semler. Il est dommage que de tels films ne circulent pas davantage. Je vous garantis que vous allez vous régaler - et apprendre des trucs qui vous serviront le reste de votre vie sur les plateaux.

Avez-vous une solution pratique et rapide à me proposer pour les rendre accessibles à vous tous? Chaque film pèse en moyenne 500Mb. Ce sont des mp4 de 640x480. Il y en a huit.

Celui qui me proposera la meilleure solution "clef en mains" aura le privilège de les voir en exclusivité ;-)

12 juin 2009

Colorimétrie sur iPhone

En bref  Mill Colour, application iPhone de la maison de post-production The Mill : initiation à l'étalonnage sur un écran de téléphone. Les exemples sont parfois grossiers, mais l'outil démocratise une discipline jusque-là réservée aux suites professionnelles à 100 000 dollars.


Initiez-vous à l'étalonnage avec Mill Colour, un petit soft que la fameuse unité de post-prod anglaise The Mill a développé pour l'iPhone.

Les exemples pré-programmés sont parfois un poil grossiers, mais ça donne un bon aperçu des bases. Les réglages manuels sont bien plus pointus, et permettent des réglages très fins des nuances.

Derrière le gadget se cache un bon moyen de communiquer un certain look avec l'unité de colo, que ce soit par mail pendant le tournage ou pour garder des notes d'intentions visuelles pour plus tard. L'écran de l'iPhone est suffisamment bon pour donner un bon aperçu du résultat. Attention: il ne s'agit pas de prendre des photos de plateau avec l'iPhone, mais plutôt d'uploader des extraits de rushes sur l'appareil pour les traiter avec les outils de The Mill.

The Mill propose un concours de colo, avec upload sur son site Flickr. Au vu des premiers efforts des candidats, vous avez toutes vos chances de gagner ;-)

A vous de jouer!

Merci à Christophe Persoz (Ogoon Media) pour l'info.