16 décembre 2009

Le "noir détail"

En bref  Le « noir détail » : caler les noirs pour que tous les détails restent visibles sans descendre au niveau du bruit de fond du capteur. L'art délicat du pied de courbe en étalonnage — là où l'on décide ce qui sera visible et ce qui sombrera dans le néant absolu du noir pur.
Question de Samuel dans les commentaires du post sur le téléciné digital:
Tu dis dans ton article que "les noirs sons bien calés car tous les détails sont visibles sans pour autant être calés sur le niveau du bruit de fond"... Qu'est-ce que t'entends par là?

Il est important de bien caler ses pénombres: tout en bas de la courbe il y a le noir total, l'absence de signal électrique, qu'on ne peut pas voir.
Juste au-dessus il y a une zone où le bruit vidéo envahit les trop basses lumières.
Au plafond de cette zone de bruit, on commence à distinguer des formes, des informations d'images, qui émergent du bruit.
A partir d'un certain niveau de signal (7% env, mais ça varie), les informations de l'image se détachent clairement du bruit de fond: c'est ton seuil pour fixer tes noirs. On appelle ça clipper les noirs: en-dessous, tu définis que tout doit être noir.
Du coup tu as de beaux noirs bien charbonneux et juste au-dessus des anthracites très sombres bien détaillés, presque sans grain, ce qu'on appelle du "noir détail".
Le détail dans les pénombres contribue à restituer une impression de richesse de l'image, puisque les nuances les plus subtiles te donnent l'impression de voir dans le noir.

15 décembre 2009

Commentaires à lire

Je ne sais pas si vous lisez les commentaires sous les posts, mais ceux qui ont été glissés sous le dernier article (téléciné digital) valent vraiment le détour.

Ils dévient peu à peu vers l'étalonnage mais sont chargés d'informations.

Bonne lecture.

14 décembre 2009

Le téléciné digital

En bref  Le téléciné digital d'un film tourné en pellicule : un look neutre à la prise de vues pour garder la latitude maximale en post-production. Les images déprimantes sur le plateau et au montage se transforment à l'étalonnage — la patience du chef opérateur qui sait que l'image finale n'émergera qu'en dernière étape.


Il y a quelques semaines j'ai chefopé un film de Christophe Perrier provisoirement intitulé "Graine de folie".

J'avais visé un look très neutre pour garder pas mal de latitude en post. Ça donne des images déprimantes sur le plateau et au montage parce qu'elles sont fades et sans caractère, en trois mots tièdes à pleurer. Ce n'était donc pas une volonté de ma part, mais puisque Christophe n'avait rien de précis en tête, je me suis réservé la possibilité d'explorer avec lui différents styles après la fin du montage.

J'étudie en ce moment diverses directions, qui vont du Noir et Blanc (pour certaines séquences) jusqu'au "bleach bypass" époque 21 Grammes, ce look contrasté aux couleurs chaudes désaturées. La capture d'écran ci-dessus s'en rapproche sensiblement.

En l'occurrence, j'explore les possibilités en passant les rushes au téléciné (c'est ce qu'on disait autrefois au temps de la pellicule mais c'est une analogie qui tient la route). Les rushes RAW sont en effet tout aussi difficiles à interpéter qu'un négatif film. En extraire les informations pertinentes en vue d'un étalonnage ultérieur, c'est comme passer le négatif film dans un téléciné en "best light".
Le soft utilisé est la dernière mouture de RED CINE X. Très agréable pour faire du temps réel, sans aucun plantage.

En observant les réglages appliqués pour obtenir l'image ci-dessus, vous constatez que la courbe caractéristique en S monte assez rapidement vers les blancs. La désaturation est d'environ 40% et la température de couleur a été légèrement modifiée par rapport à la normale.

Si je devais raffiner ces réglages, j'opterais sans doute pour des blancs plus éclatants. Les noirs me semblent bien calés parce que tous les détails y sont encore visibles sans pour autant être placés sous le niveau du bruit de fond. De toute manière les images devront encore traverser l'étalonnage. Je préfère donc garder quelques options pour l'étape finale dans quelques semaines.

Tournage en RED One, sources majoritairement HMI.
Cliquez sur les captures d'écran pour les voir en grand.

12 décembre 2009

Barbouillages lyonnais

En bref  Fête des Lumières de Lyon 2009 — encore des barbouillages : des bâtisses splashées de couleur, peu d'audace. Je regrette l'absence de narration lumineuse : projeter de la couleur sur un mur n'est pas raconter une histoire avec la lumière. La différence entre illumination et mise en lumière.


Comme vous le savez sans doute, la ville de Lyon vient de boucler une autre Fête des Lumières. Lyon est une ville que j'adore, où j'ai vécu et dont mon père est originaire. Ceci pour encadrer ce qui suit.

Cette année, je n'ai pas pu y aller et j'ai donc parcouru quelques centaines de photos et vidéo publiées sur le web, à la recherche d'une raison de regretter de ne pas avoir pu m'y rendre. Je n'en ai trouvé aucune.

La tendance est en effet au barbouillage. Pour la vaste majorité des gens - organisateurs et public - il suffit apparemment de projeter un dia-show sur un bâtiment et d'appeler ça une "mise en lumière" pour remporter tous les suffrages.



Laid, vulgaire et kitsch - © Patrice Pierart

Ces pâtés audiovisuels m'évoquent une exposition de cendriers en pâte de riz dans l'école maternelle de mon quartier. Ces créations lumineuses représentent à mon sens le degré zéro du travail avec la lumière, une phase très embryonnaire, très immature de la recherche dans ce domaine.
Je suis persuadé que ce genre de dispositifs infantilisent le public, qui n'a aucune idée de ce qu'une réelle "mise en lumière" peut générer en poésie et en émotions.

Depuis quelques années, ce n'est plus vers Lyon qu'il faut se tourner pour tomber en arrêt devant une "idée lumineuse". Certaines villes comme Bordeaux, Barcelone, Londres, Helsinki ou Hong Kong prouvent chaque nuit que la lumière peut transfigurer la cité et proposer aux habitants une version magique des buildings et des places qu'ils croient connaître de jour.


07 décembre 2009

Passer à l'anglais? Go for english?

En bref  Faut-il passer le blog en anglais ? La question revient : partager les connaissances avec un public plus large, au risque de perdre la spécificité d'un regard francophone sur le métier. Le dilemme de la langue dans un métier globalisé.
Ca fait un petit moment que je m'interroge sur l'opportunité de continuer ce blog en anglais. L'objectif principal serait de partager nos connaissances avec encore plus de monde.
Qu'en pensez-vous?
Continueriez-vous à la suivre?
Y voyez-vous un désavantage?

A vous de commenter.

I see that many readers come from the US and other english speaking countries. I could post in english, but I wonder if I should...

Please leave your thoughts below.

05 décembre 2009

Une rivière de tungstène

En bref  Une rivière de lumière tungstène à Chicago, photographiée par Justin Kern : les lampadaires urbains créent un fleuve lumineux qui transforme la ville en décor de cinéma. J'y vois un éclairage de plateau involontaire — chaque lampadaire est un projecteur, chaque rue un couloir de lumière.

© Justin Kern

Une image trouvée sur The Windy Pixel, un site de photos dédiés à la ville la plus venteuse des US, Chicago.

Le photographe la commente ici. Je ne sais pas pour vous, mais c'est mon nouveau fond d'écran.

Façade gélifiée



... pour nous changer de Lester ;-)

04 décembre 2009

Encore Lester - photos de plateau

En bref  Photos de plateau de Lester : l'ambiance, le matériel mobilisé, l'équipe au travail. Un tournage très médiatisé pour un film suisse à budget modeste — la preuve qu'un Film Noir peut exister hors de Hollywood si l'équipe y croit.


Je profite de ce tournage très médiatisé pour montrer diverses facettes de la vie du plateau. Ces trois photos extraites d'une longue série montrent l'ambiance, le matériel mobilisé et l'équipe au travail. Vous pouvez cliquer dessus pour les agrandir, comme toutes les photos de ce blog.

Sur la photo ci-dessous un projecteur un peu spécial, le HMI X-Light 4 kW de chez Arri. Son réflecteur cyclindrique peut être remplacé par du métal noir pour que seule l'ampoule éclaire la scène, d'où des ombres très nettes, et une lumière très étale.




Ci-dessous: Ian, Joon, Tof, Nico et Jim affairés autour du GF-Jib, un bras de grue particulièrement costaud et fluide fabriqué à Munich par GFM.



photos © Adee // www.photoadeected.ch

03 décembre 2009

Le plateau de Lester

En bref  Making of de Lester : la vie quotidienne sur un plateau de film de genre — machinerie, éclairage, répétitions. Court mais évocateur, il montre une bonne partie du matériel déployé pour un film à petit budget qui ne sacrifie pas l'ambition visuelle.


Si vous voulez voir à quoi ressemblait la vie quotidienne sur le plateau de Lester, allez voir le premier Making Of réalisé par Lisa Skory. Court mais évocateur.
Il a été posté aujourd'hui sur le site d'imaginastudio.
Vous verrez une bonne partie de l'équipe image:

Christophe Persoz, Chef Electro
Jean-Marie Belloteau, Premier Electro
Romain Guex, Electro
Philippe Seidel, Electro
Ian Lecoultre, Electro
Nicolas Lastschenko, 1er assistant caméra
Thomas Wilski, 2e assistant caméra
Jérôme Bourquin, 3e assistant caméra
Julien "Joon" Conod, Chef Machino

Il y avait aussi une équipe de "Data Wranglers" et de développeurs d'une solution de post-prod, les dompteurs de données de Marquise Technologies, dont je reparlerai dans un autre post.

02 décembre 2009

Lester: premières images

En bref  Le film Lester tourné en studio avec une RED One en build 21, presque entièrement en tungstène. Le choix du studio : faciliter l'éclairage et les mouvements de machinerie pour un film de vampire et Film Noir. Des images brutes, non étalonnées, qui montrent le regard du chef opérateur avant l'intervention de la post-production.

L'une des images du film, non étalonnée. © imaginastudio
cliquez pour agrandir

Le film a été tourné en studio pour faciliter l'éclairage et les mouvements de machinerie. Nous avons presque tout éclairé en tungstène, avec une RED One en build 21. Depuis quelques mois en effet, la fidélité de reproduction des couleurs en lumière artificielle est équivalente à celle en lumière du jour.

Dans ce film je voulais surtout explorer les ténèbres et les nuances de la nuit, mais aussi les "hair lights", ces contre-jours plus ou moins doux - et en général peu réalistes - sur les cheveux des personnages, si typiques des films nord américains.

L'héritage théâtral de leur industrie cinématographique se ressent par le fait que les comédiens sont éclairés par des lumières qui proviennent d'assez haut (au théâtre, on parlerait des "cintres") parce que leurs décors sont le plus souvent construits sans plafonds. Ce dispositif facilite les découpes entre les premiers et les arrières-plans, et libère l'espace de jeu.

Nous avons profité des grills au-dessus du décor pour installer 16 Fresnels 1kW, pilotés par une console, pour assurer tous les "hair lights" envisageables.




Le lit et sa lampe de chevet jouent un rôle important dans le film. Nous avons recréé les différents effets de la lampe en orientant précisément une demi-douzaine de ces Fresnels, munis de gélatines Pale Amber.
D'autres projecteurs étaient destinés aux lumières de la nuit urbaine, qui projette de longues ombres contre les visages et les murs.
Voici le résultat, une fois que chaque projecteur était dirigé et son intensité réglée pour obtenir un effet entre l'expressionnisme et le réalisme:




Une autre image tirée des rushes, non étalonnée. © imaginastudio
cliquez pour agrandir

01 décembre 2009

Les rayons parrallèles du Ruban blanc

En bref  Christian Berger, chef op du Ruban blanc de Haneke, invente un type d'éclairage spécifique pour maximiser l'espace sur le plateau : les rayons parallèles, une technique qui simule la lumière du soleil traversant une fenêtre avec une précision géométrique. L'innovation au service de la contrainte.


Je n'ai pas encore vu le Ruban Blanc de Haneke.
Mais Julien Schlaepfer me signale un papier intéressant paru dans l'AFC qui détaille un type d'éclairage particulier que Christian Berger, le chef op du film, a inventé pour faire un maximum de place aux acteurs sur le plateau.
Basé sur des sources HMI de relativement faible puissance et un réflecteur parabolique breveté qui rend les rayons parrallèles, le système est placé à l'extérieur du décor et permet de n'utiliser que de petits réflecteurs près des comédiens, en lieu et place de projecteurs.
Je vous laisse lire la suite:

Clooney dans les nuages



Trouvée sur le site du Making Of des derniers spots Nespresso. Joli alignement de drapeau, mama et cadre de diffusion. Notez que les trépieds sont munis de balles de tennis et que le sol est protégé. Auraient-ils réellement tourné au Paradis?

28 novembre 2009

Doublures lumière

En bref  Des têtes de mannequins pour coiffeuses comme doublures lumière sur le film Lester : quand les comédiens ne peuvent pas rester en place pour les réglages, j'improvise. Un film nocturne où les pénombres jouent un rôle crucial exige des tests de lumière précis — impossible avec un fantôme qui bouge.


En plein tournage de "Lester", un film nocturne où les pénombres jouent un rôle important.
Difficile de demander aux comédiens, surtout aux jeunes, de rester en place pour les tests lumière.
J'ai trouvé un moyen: des têtes de mannequins pour coiffeurs. Mon chef électro Christophe Persoz en a trouvé une demi-douzaine, qu'on pose aux endroits stratégiques: là où les comédiens s'arrêtent, les endroits à dialogues, etc.
Sur cette photo, on testait la façon dont un visage se découpait contre un fond bleu clair.


19 novembre 2009

Gordon Willis reçoit un Oscar pour son oeuvre

En bref  Gordon Willis, le « Prince des Ténèbres », reçoit enfin son Oscar Lifetime Achievement. Le chef op du Parrain, de Manhattan et d'Annie Hall a passé sa carrière à explorer la pénombre — des yeux d'Al Pacino dans l'ombre, des intérieurs si sombres que les studios tremblaient. Willis a prouvé que moins de lumière pouvait en dire davantage.




Une image du Manhattan de Woody Allen, photographié par Gordon Willis.
L'irrascible Gordon Willis a enfin reçu le Lifetime Achievement Award. Ce chef op était appelé le Prince des Ténèbres parce qu'il préférait explorer la pénombre plutôt que les hautes lumières.
Quelques bons mots glânés au cours de la soirée, rapportés par le New York Times:
After raising a toast to Gordon Willis, the cinematographer behind movies like "The Godfather" and "Manhattan,"Caleb Deschanel, a protégé, cut close to the bone by telling how Mr. Willis's salty ways had almost certainly kept him from winning an Oscar over the years.
Mr. Willis, he noted, had referred to professional peers as "flamethrowers," presumably for using what he believed was too much light. Many directors, he quoted Mr. Willis as saying, were just "dump trucks," who piled up film for an editor to sort out. As for Hollywood's film labs, he said, Mr. Willis dismissed them as "laundromats."
Accepting his Oscar, Mr. Willis, who is 78, has weak eyesight and is working less, had some consolation for the many actresses who objected to his preference for shadows, which often obscured their lovely faces.
"It's O.K.," he said. "It's over now. You're safe."


16 novembre 2009

Les Esprits du Vin

En bref  Éclairer le spectacle « Les Esprits du Vin » de la Compagnie NEO dans des cuves à vin gigantesques : un chef opérateur de cinéma appliqué au spectacle vivant. Les mêmes principes — une source dominante, des accents, de la fumée — mais l'impossibilité de recommencer la prise change tout.


La Compagnie NEO m'a demandé d'éclairer son spectacle "Les Esprits du Vin".
Mélange de poésie et d'exploits physiques, la performance était le clou de l'inauguration d'une nouvelle série de cuves à vin gigantesques.

Sentant que ça pourrait l'intéresser, j'ai fait appel à James Rosset et sa vaillante équipe, et ensemble nous avons mis en lumière le spectacle.
James est un amoureux fou des couleurs, doublé d'un ingénieur. Il a inventé un projecteur capable de reproduire toutes les nuances du spectre, y compris les plus rares, sans passer par les LEDs ni des gélatines. Ces couleurs très limpides, et parfois très complexes, touchent directement le plexus (et les tripes) du spectateur.

En plus de la richesse de rendu, ces "Copernics" ont bien la pêche. Là où les gélatines habituelles enlèvent parfois 2 ou 3 diaphs, les Copernics balancent les couleurs à pleine intensité.

En tout, nous avons placé 85 projecteurs et 2km de câbles pour les relier à une console DMX.

13 novembre 2009

Les murs de Lester

En bref  Les murs blancs de nos appartements sont l'ennemi du chef opérateur : un acteur positionné trop près paraît grisâtre comparé à la blancheur de la paroi. La solution : assombrir les murs avec des drapeaux ou des teasers, ou les peindre dans des tons plus neutres. Contrôler ce qui entoure le sujet compte autant qu'éclairer le sujet lui-même.
Les murs de nos appartements ont un défaut: ils sont trop clairs.

Ceci entraîne deux problèmes:

- Un acteur positionné trop près semble grisâtre comparé à la blancheur de la paroi, alors qu'il devrait en principe être le centre d'intérêt du plan;
- Les lumières des projecteurs rebondissent plus facilement dans la pièce lorsqu'ils tapent contre un mur clair, ce qui rend plus ardu le contrôle des contrastes du plan.

Dans la pratique, on peut bien entendu jouer des drapeaux et des mamas pour atténuer les effets indésirables de la lumière sur les murs, mais on y perd pas mal de temps pour des résultats pas toujours artistiques.

Alors qu'il est plus simple de diminuer la luminosité des murs en les peignant dans des valeurs autour du gris moyen, et pourquoi pas dans des teintes qui riment ou contrastent avec celles de la déco ou des costumes.

Toute l'idée autour de murs "gris moyen" est d'avoir la latitude de les éclaircir ou de les assombrir avec la lumière.

Pour "Lester" j'ai proposé un gris légèrement bleuté, qui évoquera les couleurs de l'éclairage lunaire. Une paroi gris/bleu pourra ainsi devenir presque noire ou au contraire frôler les hautes lumières et garder sa teinte froide.




Le système NCS (illustré ci-dessus) est l'équivalant d'un nuancier Pantone, mais me semble plus pratique pour cerner la couleur et la luminosité au plus près, en se servant des couleurs, des graphs et des valeurs numériques. Le bleu affiché sera celui des murs de Lester.

Lester: un vampire dans l'ombre

En bref  Lester, film de vampire et Film Noir : le réalisateur Pascal Forney refuse les clichés du genre — pas de sang dégoulinant ni de canines fluorescentes. L'éclairage bas et contrasté du Noir classique épouse naturellement l'univers vampirique, prouvant que les ombres suffisent à créer l'effroi.

extrait du story-board de Julien Nicaud © imaginastudio 2009


Le prochain film au programme est doublement un film de genre, puisque c'est à la fois un film de vampire et un Film Noir.

Le réalisateur de "Lester" Pascal Forney refuse de recourir aux codes visuels des films de vampires principalement parce que le spectateur doit douter si le personnage principal est un affabulateur ou s'il s'agit d'un véritable vampire.

Nos envies visuelles se sont plutôt portées vers l'esthétique du Film Noir, forgée dans les années 30 à 50 aux Etats-Unis. Si je devais citer une influence pour moi dans ce registre esthétique, ce serait celle de John Alton (lien imdb). Que ce soit en couleurs ou en NB, il ciselait ses images comme un sculpteur, souvent à partir d'une source unique, très puissante. Les longues ombres qui léchaient les sols et les murs devenaient alors des révélateurs des rapports de force entre les personnages. Je me souviens particulièrement de Reign of Terror, où il transformait (avec le réalisateur Anthony Mann) un film historique sur la Révolution Française en un époustoufflant thriller expressionniste.

Mis à part une intro en extérieurs, le film entier se passe dans une chambre.
Pour mieux contrôler tous les paramètres (murs amovibles et orientables, recul de la caméra, positionnement précis des projecteurs, etc.) j'ai suggéré qu'on tourne en studio. 
Une bonne partie de l'équipe de "Vincent, le Magnifique" est déjà affairée à la préparation.

12 novembre 2009

Merci...

... pour vos encouragements à poursuivre ce blog!

En fait un blog c'est comme le sport. Si on arrête un temps on a de la peine à reprendre les entraînements.

C'est donc officiellement reparti. Ca démarre par un sprint: "Lester", le nouveau film de Pascal Forney.

22 août 2009

Back

Je suis de retour et j'ai pas mal de choses à vous raconter. En attendant je déménage la semaine prochaine. Donc encore un peu de patience. A très bientôt.

10 juillet 2009

Maroc 09

En bref  Tournage au Maroc de Les Mécréants, une comédie spirituelle. Je retrouve les lumières marocaines après Abou Amal et Châtiment — cette fois dans un registre plus léger, mais les défis d'éclairage restent les mêmes : gérer un soleil impitoyable et des intérieurs sombres.
Je m'envole pour un tournage au Maroc. Le film s'intitule "Les Mécréants", c'est une comédie spirituelle réalisée par Mohcine Besri.
Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus, certaines choses étant encore un peu confidentielles ou non finalisées avec les autorités du Royaume.
Je compte poster depuis là-bas. Par contre, les Master Class devront attendre un mois. D'ici-là, j'espère qu'une solution de partage facile aura vu le jour dans les commentaires ;-)
Je vous souhaite un bon mois de juillet!

07 juillet 2009

SFX H2O

En bref  Prises de vues d'effets spéciaux dans un aquarium : deux grandes softboxes éclairent les poissons et les objets qui seront intégrés dans une composition 3D temps réel photoréaliste. La lumière physique sert ici de référence pour la lumière virtuelle — le réel au service du simulé.


En direct du plateau de tournage: prises de vues d'effets spéciaux dans un aquarium. Ces images serviront d'éléments dans une composition 3D temps réel qui recréera un aquarium photoréaliste.
Dans l'image, vous pouvez distinguer:
- deux grandes softbox (des Chimeras sur Blondes sur variateur) pour adoucir les contrastes en élevant le niveau d'illumination de base;
- un Fresnel 2K au-dessus de l'eau, fixée au bout d'un "boom arm ", pour créer des effets caustiques lorsque la surface de l'eau bouge;
- deux Fresnels à droite cadre: l'un pour donner du relief au sable, l'autre (un misar) pour déboucher les ombres sur le gravier au premier plan. Ce mizar, qui était trop jaune, a été muni d'un demi CTB.

Prochaines étapes: les bulles, les plantes. Les poissons seront... synthétiques.

Prises de vues en RED à 5500°K avec filtre 80D.
Production: Kenzan Technologies

02 juillet 2009

Livres essentiels en lecture gratuite

En bref  Google Books donne accès gratuitement à des pans entiers de livres essentiels sur la lumière de cinéma — bien indexés, consultables par mot-clé. Une mine pour les autodidactes qui ne peuvent pas se permettre les prix des ouvrages spécialisés.






Je viens de découvrir que certaines parties de bon nombre de livres importants en matière de lumière de cinéma sont disponibles en lecture gratuite dans la partie Books de Google.

Ils sont en anglais, et très bien indexés - si vous cherchez un terme technique par exemple.

Je vous laisse faire un tour. Les quelques livres ci-dessus sont pour moi des classiques dans leurs genres respectifs (interviews, données techniques, etc.). C'est une mine d'infos trop méconnue.

28 juin 2009

Master Class - Geoff Burton et les tournages en décors réels

En bref  Masterclass de Geoff Burton sur les tournages en décors réels : la lumière en extérieur et intérieur jour, avec et sans moyens. Les techniques n'ont guère changé depuis les années 90 — mais l'usage des KinoFlos en intérieurs jour s'est largement répandu, remplaçant le tungstène diffusé.





Cette Master Class se propose de faire le tour des éclairages les plus courants en situation de tournage dans des décors réels, en extérieurs et intérieurs jour.

Mis à part le fait qu'on recourt aujourd'hui davantage aux KinoFlos en intérieurs jours, les bases (direction, stratégies, astuces) restent valables.

Geoff n'est pas avare de conseils: à vous de les appliquer judicieusement.
C'est ici que ça se passe.