09 avril 2010

Morsure de rappel


Est-il possible que vous ne sachiez pas que vous êtes cordialement invités à la première de Lester, le nouveau court de Pascal Forney? Elle aura lieu le mercredi 14 avril au cinéma Atlantic (Lausanne) à 20:30. Entrée libre. Le film sera projeté en 35mm scope.

Dès 18:00 Arnaud Gantenbein et Pascal Forney donneront une conférence qui s'annonce assez virtuose, puisqu'ils feront le tour de ce qu'implique la fabrication d'un court-métrage de genre, de la première idée à la première projection.

Détails sur imaginastudio.com.

06 avril 2010

Light Quiz: The Ghost Writer

En bref  Quiz lumière sur The Ghost Writer de Polanski : deviner le type d'éclairage, les sources utilisées, la direction de la lumière à partir des images du film. Un exercice que tout étudiant en cinéma devrait pratiquer — lire une image pour y retrouver l'intention du chef opérateur.
Allez, un petit jeu:

Dans The Ghost Writer, le décor de l'intérieur de la maison de Pierce Brosnan semble avoir été construit en studio. Je devine que c'est à Babelsberg (je n'ai encore rien lu sur le tournage mais je suis resté au bout du générique).
Une pièce est souvent filmée, celle qui montre la vue sur les dunes herbeuses battues par les vents, à travers une grande vitre.

Un détail permet d'être certain que la lumière qui provient de l'extérieur de la pièce n'est pas celle du jour gris que l'on voit à travers la fenêtre. Quel est ce détail?
A quoi devrait ressembler le dispositif d'éclairage qui simulait le jour gris?

Plus tard dans le film, l'extérieur de l'avion de Brosnan est fréquemment éclairé par une certaine source. Laquelle et à quoi le voit-on?

C'est le Polonais Pawel Edelman qui a éclairé le film, et je suis très admiratif de son travail (grain maîtrisé, couleurs délicates, belles lumières douces et contrastées sur les visages). Quelques petits soucis à l'étalonnage dans les noirs de certains plans, mais on ne va pas bouder notre plaisir. Allez le voir au cinéma.
_____

J'ai l'impression que vous séchez.
Premier indice pour repérer les sources de l'intérieur jour: cherchez dans les reflets. Un gros accessoire brillant vous mènera sur la piste.
Deuxième indice: cherchez dans la bande-annonce. Par exemple, dans ce plan:


Exact Tof, la réponse à la question est le cendrier. Pendant la projection du film, on voit clairement 3-4 rectangles lumineux (Chimeras? Wall-O-Lite?) entourés de noir se refléter au fond du grand cendrier. C'est tout le noir autour de ces quelques sources de lumière qui révèle que la scène était éclairée par tout autre chose que par le "jour blanc" que l'on voit à travers la vitre. 
Ceci dit, j'aime beaucoup le parti-pris d'Edelman de contraster les éclairages intérieurs plutôt que d'imiter servilement un vrai jour blanc, qui aurait amoindri les contrastes et fait penser à un docu ou un film réaliste, mais pas à un thriller.

Reste la deuxième question: quelle source Edelman a-t-il utilisée pour éclairer le jet privé de Brosnan lorsqu'il est sur le tarmac?

C'est encore Tof qui a trouvé: c'est un ballon éclairant Airstar Tube. L'avantage en l'occurence est qu'on peut le faire voler au-dessus de l'avion sans risque pour la carlingue. Un cadre aurait été un peu plus dangereux, et moins éclairant puisque la lumière aurait été réfléchie contre une toile plutôt que diffusée par un ballon.
Vous pouvez admirer l'oiseau sur cette page.

Alors, trop difficile ce concours?

04 avril 2010

Masterclass Series - l'éclairage de studio

En bref  Masterclass Kodak : Donald McAlpine et Denis Lenoir éclairent indépendamment les mêmes scènes en studio, sans savoir ce que l'autre a fait. L'exercice révèle que deux chefs opérateurs de haut niveau, confrontés au même problème, trouvent des solutions radicalement différentes — et tout aussi valables.




Cette nouvelle MC de Kodak Australie est consacré à l'éclairage de studio.

Donald McAlpine (lien imdb) et Denis Lenoir (imdb) y donnent chacun un cours de trois jours, sans savoir ce que l'autre a fait, sur cette pratique très particulière qu'est la mise en lumière d'un décor "factice".

Pour un chef op, travailler en studio c'est disposer de la liberté - parfois angoissante - de commencer un éclairage à partir du noir absolu.
Toutes les questions qui se posent dès lors peuvent mener vers des images radicalement différentes.

En plus des questions d'ambiance, de raccords ou de logique, il importe de donner au décor une vraisemblance, de faire exister les murs et les accessoires pour faciliter chez le spectateur ce que les anglo-saxons appellent "the suspension of disbelief", l'acceptation du factice comme quelque chose de vrai.

Les antiques VHS que j'ai digitalisées ont parfois mal vieilli. Dans la seconde partie le son saute d'un mot à l'autre de façon précipitée. Mais l'essentiel est sauvegardé.

Bon visionnement!

http://tinyurl.com/Masterclass-Studio - ce lien expirera début juin 2010.

Masterclasses - dates de péremption

En bref  Les Masterclasses Kodak sont menacées de disparition — les liens meurent, les fichiers deviennent introuvables. Un patrimoine pédagogique irremplaçable en voie d'extinction numérique, alors que la transmission du métier de chef opérateur dépend de ces documents où l'on voit des maîtres travailler en direct.
A la demande d'un lecteur du blog, je viens de remettre en ligne la Masterclass que Dean Semler avait animé autour de son travail sur "Dances With Wolves".
http://tinyurl.com/Masterclass-Semler

Les liens que je fournis sont provisoires, pour plusieurs raisons. L'une d'entre elles étant que je n'ai pas la conscience très tranquille en publiant ces vidéos sans en avoir l'autorisation. Une autre bonne raison est que j'ai envie de faire de la place sur le serveur Yousendit. L'option que j'ai souscrite pour vous me coûte une dizaine d'euros par mois, et je suis limité à un certain nombre de Gb.

Je mets donc ces films à votre disposition à une condition: vous les téléchargez dans les deux mois qui suivent la mise en ligne du post.

Si l'un d'entre vous aimerait les rendre accessibles ad aeternam sur son serveur, qu'il me donne l'URL et je renverrai les retardataires sur son site.
Merci de votre compréhension ;-)

31 mars 2010

The Pacific

A voir actuellement, les premiers épisodes de la nouvelle série de HBO, The Pacific.
Essayez de le voir en 720p. Le souci du détail, dès le générique, vaut la peine d'être admiré en "HD".

C'est Remi Adefarasin qui chefope. On en reparlera.

21 mars 2010

Direction de la lumière: un cas pratique

En bref  Direction de la lumière, cas pratique en 9 000 mots : d'où la lumière devrait-elle provenir ? La question fondamentale qui structure tout plan de cinéma. L'analyse détaillée d'un éclairage de scène, source par source, avec les raisons de chaque choix — un cours magistral sous forme de blog.
Que ce soit sur un plateau ou en donnant un cours, je me rends bien compte que l'une des questions les plus importantes est le placement des sources.
D'où est-ce que la lumière devrait provenir, et dans quelle direction devrait-t-elle frapper?

Les réponses à ces deux questions en apparence simplistes ont un impact majeur sur les images finales. Bien davantage que le choix de la caméra ou des objectifs.

Paradoxalement, ce domaine crucial est aussi le moins aisé à expliquer. A moins de s'en tenir à des généralités (la règle des trois points et autres recettes de base), on ne peut qu'effleurer la complexité des raisonnements en jeu.
Je me suis souvent demandé ce que ça donnerait si je pensais à haute voix sur un plateau. Il y a tant de compromis - techniques, artistiques, humains, ainsi que le respect du timing - que les idées se télescopent à toute vitesse, à la recherche de solutions à la fois simples et "payantes".

Une occasion s'est récemment présentée d'aborder très concrètement la question du placement des sources. Il s'agit de questions qui me sont parvenues par e-mail.

David, étudiant à 3is, me demandait de porter un regard critique sur la lumière d'un court-métrage.
J'ai commencé par lui répondre ceci (extraits):

"Ensuite je suis moins fan des séquences d'appartement. Je les trouve sur-éclairées. Le plus difficile, quand on éclaire un plateau, c'est d'avoir la force d'éteindre des projecteurs et de ne garder que celui, ou ceux, qui sont essentiels.
Je pense que tu gagnerais à te focaliser sur la simplicité, en commençant par octroyer à chaque projecteur une mission, et une seule.
Puis de déboucher les ombres pour diminuer, si nécessaire, les contrastes au premier plan."

Sans se démonter, David m'a proposé de préciser mes pensées en me basant sur deux captures d'écran. Cliquez dessus pour les voir en grand format.

 

Il a également précisé qu'il voulait évoquer un atmosphère quotidienne, "neutre". Et m'a demandé de ne pas tourner autour du pot pour commenter ces images ;-)

Voici donc des extraits de ma réaction à ces deux extraits:

"Ce qui me frappait en voyant le film, et maintenant que j'ai deux images devant les yeux, c'est la timidité des choix, l'absence fréquente de hiérarchisation dans l'image.

- d'une part parce qu'il n'y a pas de sensation de richesse tonale, les hautes lumières étant grises (surtout flagrant et tristounet sur les visages).

- d'autre part, la lumière ne guidant pas l'oeil dans l'image, elle ne reflète pas ton point de vue, ta lecture du sujet filmé, la façon dont tu aimerais qu'il soit vu et interprété par le spectateur.

C'est particulièrement vrai pour le plan général de l'appart. Tout est visible, même ce qui est moche (le contraste de couleur entre la porte et le mur) et inutile (les bibelots dans l'étagère).

En choisissant une direction de lumière AFFIRMEE (cf mon mail précédent), tu aurais hiérarchisé ton image sans pour autant lui ôter son aspect "soirée banale".

par exemple, sur le plan de l'appart:

une fois qu'il est cadré, tu dois te poser des questions fondamentales:

- que veux-tu voir? qu'est-ce qui est important? quelle ambiance installer?
- que veux-tu cacher? qu'est-ce qui est irrelevant? qu'est-ce qui distrairait l'attention?

Pour ce plan, le décor n'étant pas terrible, il y a beaucoup de choses à dissimuler: le mur du fond et l'étagère à droite. Ca fait au total plus des 3/4 de la surface de l'image.

Ce qui plaiderait pour une lumière relativement directionnelle.

Le problème est que tu désires une ambiance plutôt neutre (mais qu'est-ce que ça veut dire, d'ailleurs?).
Il y a clairement un conflit entre tes intentions et le décor à disposition. comment résoudre ça?

A première vue, je vois deux solutions, que je trouve en me posant deux questions:

- quelle serait la lumière idéale dans cette partie de la pièce, pour cette séquence particulière?


- quelles seraient les sources lumineuses "Off" qui pourraient justifier un éclairage réaliste, puisque tu veux rester dans le réalisme?

Je commencerais par répondre à la seconde question en imaginant comment ce coin de l'appartement pourrait être éclairé au naturel:

- j'imaginerais un plafonnier, dans le coin au-dessus de la porte d'entrée, qui émettrait une lumière un peu diffuse mais dirigée, en douche, de façon à éclairer l'acteur en douche et la fille qui entre avec un angle flatteur.

- pour éclairer le reste de la pièce, je verrais bien qu'un lampadaire assez haut, toujours en off, pourrait avoir été placé dans le prolongement des étagères, à droite cadre. Sa lumière raserait les étagères sans éclairer les bibelots, et éclairerait le mur du fond.

Mais pour assombrir ce vilain mur, je placerais un grand drapeau à l'horizontale, toujours droite cadre, pour dessiner une ombre floue qui laisserait dans la pénombre une bonne partie du mur du fond. Ce genre de "toit" (cette délimitation horizontale entre la lumière et l'ombre) fait beaucoup pour instaurer une ambiance cosy et permet de masquer en partie les murs trop blancs.

Dans les plans moyens et les gros plans qui pourraient suivre, la partie haute du mur (qui est donc dans la pénombre), me faciliterait également la séparation entre le comédien, éclairé, et le mur plus sombre. Sa tête se détacherait plus naturellement du mur.

Pour imiter les deux sources "naturelles" que j'évoquais, j'utiliserais par exemple un petit Kinoflo avec nid d'abeille en douche au plafond vers l'entrée (qui éclairerait la porte mais très peu le mur du fond), et à droite cadre, assez haut, une Chimera moyenne sur un Fresnel 4K, ou deux Blondes côte à côte dans une cage à lumière, et diffusées au 250 (avec le grand drapeau à 1 ou 2 mètres de cette source pour dessiner une ombre plus ou moins nette sur le mur du fond).

J'installerais également derrière la caméra une ambiance douce, qui donnerait un niveau général à toutes les zones trop sombres.

Je pars du principe que tu as un petit budget. Si tu pouvais te le permettre, je te conseillerais de travailler en HMI, avec un Pancake sur Bug 400 à l'entrée, et un 1200 kW (ou un 2.5kW) Fresnel avec Chimera moyenne à droite cadre. Cette dernière source doit être assez puissante puisqu'elle sera plutôt dirigée vers le sol (elle en rebondira en donnant un certain niveau de fill), et que je n'utiliserais que sa lumière résiduelle (ses "marginaux" comme on dit) sur le comédien.

Voilà qui résout ton équation: tu vois ce qui se passe, tu focalises sur ce qui est important, tu établis une certaine ambiance réaliste, et tu assures un minimum esthétique en dissimulant ce qui est laid ou irrelevant.

Note que tu pourrais imaginer que toute la scène soit éclairée par la lumière qui sort d'une pièce (imaginaire, mais réaliste, la cuisine par exemple), gauche cadre. Le hall d'entrée serait dans l'ombre, et le gars irait répondre à la porte en sortant de la "cuisine".
Cette lumière forte et directionnelle découperait un rectangle plus ou moins flou dans tout le hall d'entrée, et aurait le mérite d'éclairer frontalement l'actrice quand elle entre dans la pièce. Je pourrais toujours relever l'ambiance dans les parties trop sombres de la pièce en ajoutant un fill.

Cette source pourrait être un Fresnel 2K ou 4K dont j'aurais fait enlever la lentille, pour découper des ombres nettes.

Ce qui nous amène au gros plan de la fille.

Ce qui frappe tout de suite c'est son nez (un peu grand) et son chemisier (trop blanc).

L'éclairage latéral ne convient que rarement aux filles. Ici il fait ressortir son nez, en le modelant, et souligne la ligne de séparation entre les pommettes et la zone au-dessus de la bouche.

Avec ce type de morphologie, mieux vaut privilégier les éclairages de face et d'en haut, toujours diffusés. Que ce soit totalement frontal ou 3/4 face, à toi de découvrir les mystères de chaque visage en baladant une petite source (PAR16) autour et en notant les angles interdits. Mais arrange-toi pour que ta source soit plus haute que le visage (en tout cas pour ce visage précis).

Et aussi que le visage soit plus clair, plus "lumineux". La peau caucasienne, en particulier celle des filles, devrait être aux alentours d'un diaph plus claire que le gris moyen de ton plan. Ce qui n'est pas le cas dans l'image que tu m'as envoyée, d'où cette impression terne.

Une fois le visage éclairé, pour éviter de faire exploser les blancs de la chemise, utilise une mama double ou une petite diff genre 1/2 silk pour couper une partie du flux du projecteur.

Ce qui me frappe dans le gros plan de la fille c'est le fond. Le décor parle des personnages, or le choix des couleurs, des formes et des objets me semble un peu trop aléatoire. Elle est trop proche de ce fond. Il faudrait l'abstraire. Soit en reculant la caméra, et avec une longue focale flouter le décor, soit en le laissant dans la pénombre, soit en cadrant la fille ailleurs dans la cuisine.

Dans les étapes standard d'un tournage, le cadre précède la mise en lumière. Or il arrive souvent qu'un cadre soit influencé par le type d'éclairage que l'on prévoit d'installer. C'est un processus itératif, qui fait partie des nombreuses questions à pondérer quand on attaque un nouvel axe.


Le film en question s'intitule "Vendredi soir". Réalisé par Jonathan Placide, produit par Falcon Movies.

13 mars 2010

"Decay Light" - la lumière dans les décombres

En bref  La lumière dans les décombres urbains : 30 photos de délabrement qui prouvent que les lieux abandonnés sont des studios d'éclairage naturel. Murs éventrés qui laissent entrer des rais de soleil, pénombres poussiéreuses, textures exacerbées — la ruine offre gratuitement ce que je construis artificiellement.

© Sven Fennema (lien vers son site)

© cazpoo (lien flickr)

En parcourant les 30 meilleures photos de délabrement urbain de WDL, je me dis que la lumière joue un rôle capital dans une bonne majorité d'entre elles.

Observez ces photos, analysez les directions de lumière, ce qu'elles révèlent et ce qu'elles dissimulent.
Demandez-vous quelles sources pourraient remplacer la lumière du Soleil pour arriver aux mêmes effets.
Analysez les contrastes, débusquez les "fills" naturels, ces rebonds qui débouchent les ombres.

Si ces photos pouvaient être prises de nuit, comment les éclaireriez-vous? En imitant le Soleil ou en réinventant une toute autre atmosphère? Quelles stratégies, avec quels moyens, dans quel but?

Lire et interpréter la lumière globale d'une scène, qu'elle soit fixe ou mobile, dans la vie quotidienne ou au cinéma, c'est pour moi un exercice quotidien et captivant. Je vous encourage à le pratiquer assidûment ;-)

Tournage en Canon 7D

En bref  Premier tournage en Canon 7D avec filtres de diffusion sur l'objectif : un appareil photo qui produit des images cinématographiques à condition de compenser sa résolution chirurgicale par un voile optique volontaire. Je détaille ici réglages gamma, gestion du rolling shutter et workflow de post-production.
Extrait des rushes bruts, filtre de diffusion sur l'objectif, réglages gamma standard.

Je vous avais promis de poster des infos sur le tournage en Canon 7D.
Je viens de terminer la post-prod du film (un spot dans le domaine de la joaillerie).

Principaux problèmes rencontrés:
- l'appareil ne supporte pas bien la chaleur normale d'un plateau "tungstène". Il a réclamé une ou deux minutes de répit au cours de la journée, à quatre reprises;
- en mode gamma normal, les noirs s'avèrent légèrement bouchés si l'on n'y prend pas garde. Mieux vaut surexposer légèrement les zones sombres.
Pour répondre à Quentin ci-dessous, j'ai préféré ne pas recourir au mode "superflat" pour être en mesure de bien séparer les basses lumières. En superflat, on gagne peut-être en latitude, mais l'image laiteuse produite rend un peu plus difficile, en post, la séparation des noirs entre eux, et des blancs entre eux. Ce sont dans les extrémités de la courbe que l'expo est la plus délicate. Je préfère constater la séparation à l'oeil, sur le plateau, et exposer en conséquence.

A part ces désavantages mineurs, rien à signaler.
Il faut dire que je travaillais avec un assistant caméra (Kevin Haefelin) qui avait amoureusement accessoirisé et optimisé son Canon.

Deux critères m'avaient fait opter pour cette "caméra" plutôt que la RED: le budget et l'encombrement. La joaillerie retenue pour servir de décor était en effet trop petite pour permettre un recul suffisant.
Mais je tenais à tourner dans un format à profondeur de champ très réduite, parce que je voulais flouter autant que possible les murs de la boutique, qui n'étaient pas glamour du tout.

Dans la photo ci-dessus, la caméra était à 2 mètres du visage, et à seulement 3 mètres du mur du fond. Les objectifs et la taille du capteur étaient donc très adaptés à ce décor particulier.

Le reste des remarques que l'on peut faire sur un tournage avec ce genre d'appareil se trouve dans les commentaires de posts plus anciens.

27 février 2010

Questions/réponses dans un parking

En bref  Un étudiant en cinéma pose ses questions à un chef opérateur — le genre de mail fréquent auquel répondre est un investissement dans l'avenir du métier. Les réponses concrètes, illustrées d'exemples de terrain, valent mieux que tous les manuels : la transmission par le dialogue direct.
Jérôme, étudiant à l'ESRA de Nice est sur le point d'exercer la fonction de chef op sur un court. Il me pose une série de questions. 
Je reçois souvent ce genre de mail. La première réaction est de conseiller aux étudiants de faire des stages sur des plateaux et de s'imbiber des techniques et des stratégies utilisées. Mais c'est un luxe que peu d'étudiants peuvent se permettre. 
Voici donc ses questions et mes réponses, à titre informatif.

(…)
Le film de 5 minutes se déroule dans un parking souterrain et le genre du film est comique. A partir de ça, nous devons bien entendu trouver le lieu (autorisation, hauteur de plafond) mais aussi construire l'ambiance lumineuse du film.
Nous tournons en 16mm et je m'inquiète au sujet des néons ou autres éclairages intempestifs se trouvant dans un parking. Faut-il mettre le parking au noir, laisser ces néons ou les masquer ?

Auriez-vous aussi quelques effets ou exemples d'éclairages à utiliser pour les protagonistes et l'ambiance dans ce lieu ?
J'ai bien quelques idées comme utiliser un kino flo artificiel ou diffuser la lumière avec un polystyrène mais je voudrais innover en jouant sur la température de couleur. Par exemple, mettre une backlight avec une couleur chaude et une keylight de profil à dominante de couleur froide.

Pour finir, pourriez-vous m'indiquer des astuces afin de gagner du temps le jour du tournage ou la démarche à suivre durant cette phase.
(…)


Essaie de tester le rendu des néons sur pellicule avant le tournage.
Je sais que depuis une dizaine d'années, les tubes fluo ont un rendu plus stable et plus intéressants que les anciens.

De toutes manières, j'imagine que tu passes par un DI (étalonnage digital), ce qui te premettra d'atténuer ou de changer la teinte verte des tubes.

Si tu ne passes pas par un DI, prévois que les néons auront peut-être un rendu vert. Pas forcément moche ;-)

Si tu n'est pas sûr du rendu colorimétrique des tubes du garage, il faudra que tu trouves des tubes de rechange, du même type que ceux du plafond du parking, pour éclairer tes comédiens au premier plan. Comme ça tu seras forcément raccord.
Prévois d'en disposer au moins un tout près de la caméra (+cinefoil), pour atténuer un peu les contrastes sur les visages au premier plan, si besoin est (=fill).

Direction de lumière: en douche sans doute, pour découper des visages, mais aussi comme tu dis avec des décros colorées, que ce soit justifié par des phares de voiture qui passent, ou des enseignes publicitaires, ou des pictogrammes lumineux du parking pour justifier les directions, si tu y tiens.

Perso j'aime bien les accidents de lumière et les lumières mobiles qu'on trouve dans la vraie vie mais rarement à l'écran, parce que c'est plus difficile à réussir. Tu pourrais imaginer des voitures hors
champ, qu'on entendrait sur la bande-son, qui éclaireraient les protagonistes en passant derrière ou à coté, et ça pourrait être des PAR64 pour donner une lumiere bien pêchue, de loin, entre des colonnes, pour que les ombres bougent sur les visages.

Pour aller vite sur le tournage, prévois des aides qui te tiendont les tubes fluos (entourés de cinefoil pour les rendre directionnels) et les PAR64, pour éviter des installs trop longues.
Prépare les angles avec le premier ass, pour gagner du temps.
Réfléchis à des cadres en profondeur, avec des effets de lumière au fond de l'image.

21 février 2010

Micro Salon 2010 - petit tour sélectif en images



Je reviendrai sur la présentation d'Alexa, la petite dernière d'Arri. En attendant, voici de quoi musarder sur quelques stands.



20 février 2010

Réglages caméra vidéo pour bien exposer les noirs

En bref  Régler les noirs en vidéo : une question récurrente qui touche au cœur du métier numérique. Le « master pedestal » et le « detail level » déterminent où commencent les ombres et ce qu'elles révèlent. Un réglage trop bas noie les détails dans le bruit ; trop haut, les noirs deviennent grisâtres.
Une question reçue par mail, qui m'est souvent posée. J'y reviens donc brièvement.
J'y avais répondu - avec votre collaboration - dans les commentaires d'un post sur le téléciné digital.
Voici donc une réponse courte. Pour les détails, relisez les commentaires du post d'origine.

Je pratique la photographie depuis déjà 15 ans et cette année et j'ai décidé de me lancer en vidéo. Je me suis procuré la Sony HDV-V1U et me suis essayé à différents tests.
Mon problème est que je ne suis pas capable d'obtenir de beaux noirs non bruités. De quelle façon dois-je procéder? Exposer pour mes noirs? Exposer pour mes blancs? Faire une moyenne?


Pour faire vite, je te conseille de commencer par exposer pour les blancs. Pour ne rien cramer, affiche les zebras de 95 à 100 et arrange-toi pour faire en sorte que tes blancs comportent quelques zebras.

Ensuite, tu débouche les noirs pour y distinguer des détails (ajout de fill par réflos, ou projos diffusés / ringlights etc.).

Je pars du principe que tu es en mode manuel sur tous les réglages (y compris le gain).

Il y a deux aspects des noirs que tu peux régler à la prise de vues: le pedestal et le toe - le talon. Je préfère ne pas toucher au pedestal.

Quand je travaille en basse lumière sur des petits formats vidéo, je fais en sorte qu'à partir du point d'inflexion des noirs (le talon), la droite aille moins vite vers les noirs, pour séparer les gris foncés de la zone de bruit vidéo. Tu peux régler la pente de cette droite (on pourrait parler de "gamma des noirs") en vérifiant sur un moniteur les effets de différents réglages du talon, la caméra filmant dans la pénombre.

Et en post-prod je "clippe" les noirs, à savoir que je les fais commencer au-dessus du bruit. Les chiffres exacts dépendent vraiment de trop de variables pour les détailler ici.

En contrastant ton image avec des courbes, tu retombes sur des pénombres qui vont doucement s'abimer dans des noirs bien profonds.

08 février 2010

Best Cinematography - 2010 Oscar Nominations

En bref  Nominations aux Oscars 2010 de la photo : Richardson et ses gros contre-jours systématiques, Lubezki et la lumière naturelle de Tree of Life, Deakins et la rigueur de True Grit. Un palmarès qui reflète la diversité des approches — du naturalisme extrême au stylisme baroque.
La course aux Oscars devient sérieuse depuis les nominations il y a quelques jours.
Quels sont vos préférés?

Je dois dire que Richardson me fatigue un peu avec ses gros contre-jours systématiques, et que Mauro Fiore n'est pour pas grand chose dans la réussite formelle d'Avatar: les prises de vues réelles sont très belles mais ce sont les séquences chez les Na'vi qui innovent réellement.
Et si The Hurt Locker est réussi c'est davantage par des partis-pris de mise en scène (longues focales, couverture de toute l'action depuis de nombreux points de vue) coutumiers à Katryn Bigelow.
Reste Harry Potter et le Ruban Blanc.
Ce qui est intéressant cette année, c'est le grand écart des nominations, qui fait la part belle aux films d'auteurs et aux méga-blockbusters.

Quant à moi, je suis pour la nomination, dès l'année prochaine, des "chef op virtuels" qui éclairent les films de synthèse avec une élégance toujours plus marquée.
Cette année, j'aurais élu le Lighting Director d'Avatar. Il ne figure pas en tant que tel au générique. L'un d'entre vous aurait-il des pistes pour le débusquer dans la jungle touffue des "end credits"?

En attendant, les nominés sont:

Avatar
Mauro Fiore

Harry Potter and the Half-Blood Prince
Bruno Delbonnel

The Hurt Locker
Barry Ackroyd

Inglourious Basterds
Robert Richardson

The White Ribbon (Das Weisse Band)
Christian Berger

HD made by Canon - suite


Pour faire suite aux posts sur les + et les - des appareils photo qui font dans la HD, voici aujourd'hui le petit dernier, qui semble hériter des qualités vidéo de ses grands frères - pour un prix vraiment plancher: 800 $ (580 €).
Le 550D tourne à 25 i/s en 1080p.

Lisez l'article complet ici:

http://prolost.com/blog/2010/2/8/the-revenge-of-no-more-excuses.html

30 janvier 2010

Extérieur nuit

En bref  Extérieur nuit pour Lester, tourné par des températures glaciales en RED One : l'éclairage nocturne est un exercice où la patience compte autant que la technique. Chaque source doit être justifiée — réverbère, phare de voiture, lueur de fenêtre — car la nuit filmée est toujours une nuit construite.
Image extraite des rushes RED © imaginastudio 2010

Séparés du reste du tournage pour des raisons de logistique, trois plans introductifs de "Lester" ont été tournés avant-hier soir par des températures polaires. La pluie artificielle gelait dès qu'elle entrait en contact avec le sol et la carrosserie de la voiture. Et la rue en pente n'arrangeait rien.

La séquence, tournée sous trois axes, était éclairée au HMI. Un 6kW Fresnel et un 2.5 kW CinePar placés de part et d'autre de la rue, et allumés ou éteints - selon l'axe - pour éclairer la pluie (en contre et en latéral). Le 2.5 était placé à 50 mètres, au 4ème étage d'une maison. Deux CinePar 1200 gellés en Chrome (un orange intense qui imite l'éclairage urbain au Sodium) étaient fixés en déport au 4ème étage du l'immeuble pour taper en "douche" le parapluie de l'héroïne qui sortait de la Mini.
Dans l'allée de l'immeuble, un Kino 4 tubes 120 faisait ressortir les ferronneries de la porte. Et dans l'habitacle de la Mini, un mini-Flo tenu à la main s'adaptait aux mouvements de la comédienne. 
Le look recherché devait rester dans la direction "Film Noir": graphique, contrasté et séduisant.

On dit toujours que les régisseurs ont un travail ingrat, et je profite de l'occasion pour saluer leur contribution au look d'un film, spécialement en extérieurs nuit. C'est la Régie Générale qui localise les sources de courant, et qui négocie les autorisations d'occuper tel appartement, tel autre balcon ou de brancher des projos chez un riverain.
En l'occurrence, sans l'obstination de Nicolas Christol, les extérieurs nuit de Lester auraient été bien moins "punchy".

Image extraite des rushes RED © imaginastudio 2010

26 janvier 2010

24, saison 8: un nouveau look très étudié

En bref  La saison 8 de 24 inaugure un tournant esthétique : nouveau décor glamour et nouvelle palette de couleurs. Quand une série longue change de look, c'est le signe que la narration a besoin d'un souffle visuel nouveau — le décor et la lumière racontent le renouveau autant que le scénario.
Je découvre la nouvelle saison de 24, qui correspond également à un tournant esthétique dans la série: un nouveau décor principal très glamour et une nouvelle palette de couleurs.
Je n'ai pas encore lu d'interview du chef op Rodney Charters mais il a visiblement remis les choses à plat.

Je vous propose quelques captures d'écran commentées:

Lumières, volume 3

En bref  Le volume 3 de Lumières de l'AFC : une mine d'informations distillées avec passion et souci du détail. Cette publication rare, par et pour les directeurs de la photographie français, documente le métier avec une exigence que les magazines grand public ne peuvent pas atteindre.


L'AFC a publié le 3ème volume de Lumières. Comme toujours c'est une mine d'infos, distillées avec le goût du détail, une immense passion et la volonté d'aller au fond des choses.
Je n'ai pas encore lu le papier sur le relief, mais le reste se dévore allègrement.
Petit conseil: armez-vous de patience, le service des envoi est encore un poil bordélique. J'ai commandé le mien le 24 novembre, et après moult péripéties je l'ai reçu à la mi-janvier.

Les visiteurs du Micro Salon attendront sans doute jusque-là avant de mettre leurs pattes sur ce nouvel opus.

24 janvier 2010

Eastwood / Stern

En bref  Invictus d'Eastwood et Tom Stern : dès le premier plan, la patte Stern période Gran Torino — dominante verte désaturée, cieux blancs, jeu contrasté dans les ombres. Un duo de réalisateur et chef opérateur dont le langage visuel est devenu une signature reconnaissable en quelques secondes.


Dès le premier plan d'"Invictus", le dernier film de Clint Eastwood, on reconnaît la patte de Tom Stern période "Gran Torino": cette dominante verte désaturée, ces cieux blancs et fenêtres surex, le joli grain de la 5219 (Vision3, exposée à 400 au lieu de 500), des images très piquées. Et des clairs-obscurs bien marqués pour beaucoup d'intérieurs jour.




Vous pouvez lire le papier complet par dans ICG en cliquant sur le lien à la fin de ce post. Ce que j'en ai surtout retenu, c'est la méthode de tournage, simplifiée à l'extrême:

There was no video village or playback, which is standard procedure on Eastwood's films. There were small monitors on the cameras. They transmitted signals to small, portable monitors that Eastwood and Stern would glance at to check framing.

"I was usually standing where I can judge the lighting, and Clint was generally to my left watching the actors perform," Stern says. "We watched a rehearsal, usually did one take, and trusted the crew to get it right. We were moving fast, but I've never felt rushed. Clint believes it helps the actors concentrate, and I agree."

Un réalisateur qui regarde les acteurs pendant qu'ils jouent, ça devient rare...

http://www.icgmagazine.com/wordpress/2009/12/01/game-changer/

23 janvier 2010

Canon 5D / 7D / 1D - vos expériences

En bref  Les Canon 5D/7D/1D en tournage HD : tout le monde s'accorde sur leur sensibilité la nuit, mais le monitoring sur le terrain reste un casse-tête. La révolution DSLR apporte une profondeur de champ cinématographique à bas coût — au prix d'une ergonomie de photographe, pas de cinéaste.
Vous êtes nombreux à avoir déjà tourné en HD avec l'un des nouveaux Canon. J'ai l'impression que tout le monde semble d'accord sur leur sensibilité la nuit. Mais pour ce qui est du monitoring sur le tournage, du workflow en post-prod, bref de la réalité, sur le terrain en utilisation professionnelle, c'est encore un peu flou pour moi.
Quels sont les points positifs et négatifs? Quel bilan en tirez-vous?

14 janvier 2010

Splendeurs et misères du Noir Blanc

En bref  Pourquoi les clips français en Noir et Blanc ont-ils moins de « gueule » que leurs équivalents nord-américains ? Le problème n'est pas technique mais culturel : le N&B exige des contrastes radicaux, des noirs profonds et une direction de lumière affirmée — des qualités que la tradition visuelle française tend à adoucir.

"Pleasantville"

À la suite du post sur la Master Class Kodak consacrée au Noir et Blanc, Ilan m'a demandé pourquoi les clips français tournés en Noir et Blanc ont moins de « gueule » que des clips nord-américains comme ceux de Beyonce par exemple.

Je suis sincèrement persuadé qu'on ne peut pas généraliser puisque nous avons droit de temps en temps à des films noirs et blancs bien français dont les images riches et profondes rivalisent avec celles de clips US. Luc Besson avait confié à Thierry Arbogast la photo NB d'Angel-A, à mon avis très réussie (tourné en couleurs et étalonné par Fabien et Yvan Lucas, les stars de la discipline). À une autre époque, le Français Henri Alekan créait des images en noir et blanc qui figurent encore parmi les plus belles de l'histoire du cinéma.


De nos jours, il faut pas mal de courage pour faire du NB. D'abord il faut réussir à convaincre le réalisateur que la couleur n'est pas un paramètre nécessaire pour son film. Ensuite c'est le producteur qu'il faut persuader (c'est parfois un peu plus cher, et les distributeurs ne sont pas forcément très emballés à l'idée de sortir un film en NB).


Il faut ensuite avoir une certaine expérience avec ce médium pour pouvoir jouer avec toutes les nuances et toutes les subtilités qu'il renferme.

Je pense que c'est un savoir-faire qui se perd peu à peu, et que les chefs opérateurs n'ont que très peu d'occasions de s'exercer sur la palette "réduite" du NB. On a l'impression qu'ils en redécouvrent à chaque fois et au cas par cas, les possibilités, les pièges et les plaisirs.

Tourner en noir et blanc, c'est en effet bien plus complexe qu'il n'y paraît. Et tourner en couleurs pour finir en NB aboutit trop souvent à des résultats approximatifs. Le travail effectué sur "Pleasantville", un film où le NB et les couleurs cohabitent sur l'écran, est encore aujourd'hui cité comme exemplaire. Mais il a coûté cher, mené à bien par des perfectionnistes soutenus par une production bien décidée à mettre la barre très haut. C'est donc une exception.
Malheureusement elle sert aujourd'hui de prétexte à bon nombre de co-producteurs timorés - des télévisions surtout - qui exigent qu'un film de cinéma comme "Angel-A" ou "Le Ruban Blanc" soient tournés en couleurs, en cas de diffusion ultérieure sur les petits écrans.

Sur le plateau d'un film Noir et Blanc, les couleurs n'ont pas disparu des visages et des décors, elles sont interprétées diversement par les capteurs ou les négatifs. Il s'agit donc de jouer avec la façon dont ils vont traduire les différentes couleurs en valeurs de luminances. Tel rouge va devenir un certain type de gris sombre, alors que tel vert olive apparaîtra gris clair.

Sur un tournage en NB, on utilise souvent des filtres de couleur assez intenses pour ventiler les couleurs dominantes à des endroits spécifiques de la palette des gris. L'un des exemples les plus frappants de l'utilisation de filtres est sans doute le "Soy Cuba" de Mikhaïl Kalatozov, chefopé par Sergei Urusevsky. Dans le domaine des filtres colorés utilisés sur des plateaux noirs blancs, les secrets des grands chefs op du passé auront bientôt tous disparus. Je pense par exemple qu'une partie de la somptueuse beauté du "Europa" de Lars Von Trier est due à la présence derrière la caméra du vétéran danois Henning Bendtsen.

Comme je l'avais écrit précédemment je crois, la couleur est aujourd'hui un choix « par défaut ». On ne tourne pas en couleurs pour se servir de leurs valeurs expressives ou symboliques, mais parce que tout le monde le fait.

13 janvier 2010

Master Class Series - le Noir et Blanc

En bref  Masterclass Kodak sur le Noir et Blanc avec Denis Lenoir et Allan Daviau : le résultat n'est pas concluant, mais le processus de travail de deux maîtres qui explorent les possibilités du N&B vaut toutes les images finales. Le chemin compte plus que la destination.


Suite des Master Classes, cette fois avec Denis Lenoir (F) et Allan Daviau (USA).
Le résultat final n'est pas concluant du tout à mon avis, mais peu importe en l'occurrence.
On peut regretter qu'aucun de ces deux grands chefs op n'ait une réelle expérience du Noir et Blanc. Leurs interventions sont souvent plus basiques et plus vagues que sur les autres Master Classes, mais je préfère vous montrer toute la série.

http://tinyurl.com/KMC-BW