02 novembre 2017

Photo de Blade Runner 2049 - avis alternatifs

Depuis la sortie de BR2049, tout le monde s'accorde à trouver la photo du film sublime.

Tout le monde? Non, quelques irréductibles et non des moindres jugent le résultat "trop lisse", "trop prudent" par rapport à la version de 1982 éclairée par Jordan Cronenweth.

Jordan Cronenweth recourait à des sources au Xénon pour zébrer les images de lumières mobiles et traquer les personnages dans les ténèbres d'un Los Angeles moite et nocturne.
Geoff Boyle et Art Adams, deux des DP les plus actifs sur Cinematography Mailing List (CML, des groupes de discussions créés en 2001), ont osé s'écarter de la foule des admirateurs. Selon eux, les images du premier film avaient plus de caractère, osaient forcer les limites du négatif film, quitte à créer des noirs charbonneux, ou des surexpositions temporaires extrêmes.

Ils mentionnent également que les sources lumineuses des décors interagissaient davantage avec les personnages, alors que Roger Deakins sépare souvent les personnages des lumières qui éclairent les décors.
En gros, Deakins aurait manqué d'audace.
Leurs arguments reposent à mon avis sur une nostalgie des images du film original, mais il est clair que les stratégies d'éclairage des deux chefs opérateurs sont différentes.

Pour ceux d'entre vous qui veulent jeter un oeil à la version anglaise du débat sur CML :
http://ls.cinematography.net/read/messages?id=408549#408549

Et vous qu'en pensez-vous ?




08 mai 2017

Renaissance




Je cherchais une bonne occasion pour redémarrer ce blog. 
Je crois que ce somptueux trailer, chefopé par l'immense Roger Deakins, est l'occasion rêvée.





15 mai 2014

Eric Gautier détaille son travail sur "Grace de Monaco"

Photo David Koskas
Une courte mais intéressante interview d'Eric Gautier (imdb) par Brigitte Barbier pour l'AFC, qui aborde très concrètement ses influences et son remarquable travail sur le plateau de "Grace de Monaco".
http://goo.gl/yIkQ2J

Extrait: "Je me suis essentiellement inspiré des images des films d’Hitchcock des années 1950-60. J’aime beaucoup le travail de son chef opérateur, dont on ne parle plus beaucoup aujourd’hui, Robert Burks. (...) Il travaillait beaucoup les couleurs dans l’image, mais de manière subtile, avec des reflets jaunes ou verts, mélangés à des lumières frontales neutres, blanches, sur les visages."

"Le style de Robert Burks est impressionnant, très inspiré, n’ayant pas peur de l’audace formelle souvent irréelle, " théâtrale ", comme disait et assumait Resnais, avec ces reflets colorés pas du tout justifiés."

"Ce que j’aime dans son travail, c’est l’audace du mélange du style des lumières hollywoodiennes, glamour, à celui, expressionniste, des films de série B du type Aldrich. Il n’a pas hésité à utiliser une source principale au sol comme source unique, comme dans la scène centrale dans "Le crime était presque parfait".

"Ces films tournés très vite, avec de grandes ombres très contrastées, gardent le côté glamour. L’autre référence essentielle a été, pour moi, les films de Douglas Sirk, où la couleur est plus affirmée."

03 mars 2014

Lubezki gagne un Oscar controversé


Avec "Gravity" c'est en tout cas la troisième fois - après "Avatar" et "Life of Pi" - qu'un film d'animation numérique comportant quelques éléments "live" rafle la statuette de la meilleure cinématographie.

Et il est vrai que les images d'Emmanuel "Chivo" Lubezki sont somptueusement belles. Mais sur ce film, son travail a surtout consisté à prévisualiser les directions de lumières, basées sur des photos et des informations astronomiques, et à superviser le look du film en plaçant des projecteurs virtuels dans des décors numériques. Seuls les visages des comédiens ont été éclairés "à l'ancienne", au moyen d'une énorme boîte à LEDs qui projetait les environnements autour des comédiens. Une boîte que Lubezki a contribué à créer.
Peu de choses à voir avec le travail traditionnel qu'il avait par exemple assuré sur "Tree of Life", ou pour lequel ses confrères "analogiques" ont été nommés dans la même catégorie que lui.

Ceux qui font ce constat suggèrent à l'Académie (AMPAS) de créer deux récompenses "Best Cinematography" différentes, l'une destinée aux chefs op traditionnels, l'autre à ceux qui manipulent principalement des sources virtuelles.

En attendant, il faut sans doute interpréter cet Oscar 2014 de la meilleure photo comme un grand coup de chapeau à un long-métrage qui augure d'une nouvelle façon de tourner des films, dans la foulée des autres Oscars techniques que "Gravity" a remporté (effets visuels, montage, son, mixage).

Cooke se lance dans l'arène anamorphique

Emboîtant le pas à d'autres constructeurs moins prestigieux, Cooke sort une gamme d'optiques anamorphiques fixes qui ouvrent toutes à 2.3.

Le légendaire "Cooke Look" très doux fait merveille sur les extérieurs nuit filmés par John de Boorman à Londres et Patrick Blossier à Paris.

Dans ce blog j'essaie de me limiter à ne parler que de lumière, un sujet bien assez vaste en soi, mais il est évident que la manière dont la lumière traverse une optique, atteint un capteur, puis est interprétée par le matériel et le logiciel de la caméra influencent de façon significative le look final.

D'où ce petit post, pour ne pas passer sous silence l'arrivée sur le marché de ces optiques haut-de-gamme.





http://www.cookeoptics.com/l/anamorphiclens.html

Chaque optique mesure 19.5 cm de long, 11 cm de diamètre frontal et pèse un peu moins de 3 Kg.