08 mai 2017

Renaissance




Je cherchais une bonne occasion pour redémarrer ce blog. 
Je crois que ce somptueux trailer, chefopé par l'immense Roger Deakins, est l'occasion rêvée.





15 mai 2014

Eric Gautier détaille son travail sur "Grace de Monaco"

Photo David Koskas
Une courte mais intéressante interview d'Eric Gautier (imdb) par Brigitte Barbier pour l'AFC, qui aborde très concrètement ses influences et son remarquable travail sur le plateau de "Grace de Monaco".
http://goo.gl/yIkQ2J

Extrait: "Je me suis essentiellement inspiré des images des films d’Hitchcock des années 1950-60. J’aime beaucoup le travail de son chef opérateur, dont on ne parle plus beaucoup aujourd’hui, Robert Burks. (...) Il travaillait beaucoup les couleurs dans l’image, mais de manière subtile, avec des reflets jaunes ou verts, mélangés à des lumières frontales neutres, blanches, sur les visages."

"Le style de Robert Burks est impressionnant, très inspiré, n’ayant pas peur de l’audace formelle souvent irréelle, " théâtrale ", comme disait et assumait Resnais, avec ces reflets colorés pas du tout justifiés."

"Ce que j’aime dans son travail, c’est l’audace du mélange du style des lumières hollywoodiennes, glamour, à celui, expressionniste, des films de série B du type Aldrich. Il n’a pas hésité à utiliser une source principale au sol comme source unique, comme dans la scène centrale dans "Le crime était presque parfait".

"Ces films tournés très vite, avec de grandes ombres très contrastées, gardent le côté glamour. L’autre référence essentielle a été, pour moi, les films de Douglas Sirk, où la couleur est plus affirmée."

03 mars 2014

Lubezki gagne un Oscar controversé


Avec "Gravity" c'est en tout cas la troisième fois - après "Avatar" et "Life of Pi" - qu'un film d'animation numérique comportant quelques éléments "live" rafle la statuette de la meilleure cinématographie.

Et il est vrai que les images d'Emmanuel "Chivo" Lubezki sont somptueusement belles. Mais sur ce film, son travail a surtout consisté à prévisualiser les directions de lumières, basées sur des photos et des informations astronomiques, et à superviser le look du film en plaçant des projecteurs virtuels dans des décors numériques. Seuls les visages des comédiens ont été éclairés "à l'ancienne", au moyen d'une énorme boîte à LEDs qui projetait les environnements autour des comédiens. Une boîte que Lubezki a contribué à créer.
Peu de choses à voir avec le travail traditionnel qu'il avait par exemple assuré sur "Tree of Life", ou pour lequel ses confrères "analogiques" ont été nommés dans la même catégorie que lui.

Ceux qui font ce constat suggèrent à l'Académie (AMPAS) de créer deux récompenses "Best Cinematography" différentes, l'une destinée aux chefs op traditionnels, l'autre à ceux qui manipulent principalement des sources virtuelles.

En attendant, il faut sans doute interpréter cet Oscar 2014 de la meilleure photo comme un grand coup de chapeau à un long-métrage qui augure d'une nouvelle façon de tourner des films, dans la foulée des autres Oscars techniques que "Gravity" a remporté (effets visuels, montage, son, mixage).

Cooke se lance dans l'arène anamorphique

Emboîtant le pas à d'autres constructeurs moins prestigieux, Cooke sort une gamme d'optiques anamorphiques fixes qui ouvrent toutes à 2.3.

Le légendaire "Cooke Look" très doux fait merveille sur les extérieurs nuit filmés par John de Boorman à Londres et Patrick Blossier à Paris.

Dans ce blog j'essaie de me limiter à ne parler que de lumière, un sujet bien assez vaste en soi, mais il est évident que la manière dont la lumière traverse une optique, atteint un capteur, puis est interprétée par le matériel et le logiciel de la caméra influencent de façon significative le look final.

D'où ce petit post, pour ne pas passer sous silence l'arrivée sur le marché de ces optiques haut-de-gamme.





http://www.cookeoptics.com/l/anamorphiclens.html

Chaque optique mesure 19.5 cm de long, 11 cm de diamètre frontal et pèse un peu moins de 3 Kg.

01 mars 2014

Workshop lumière autour d'une fenêtre avec Eric Kress

Les directions apparentes de la lumière sont souvent trompeuses, et l'un des endroits où l'on triche avec le plus d'enthousiasme se situe autour des fenêtres - et plus généralement autour des sources lumineuses apparentes - pour en prolonger l'effet tout en restant vraisemblable.

Lors d'un récent workshop organisé par l'excellent Benjamin B, le chef op danois Eric Kress reconstituait étape par étape un éclairage réaliste dans un décor de studio:




Remarquez que la nature et l'emplacement de la première source qu'il place (un "ciel" à l'extérieur de la pièce) sont directement inspirés d'une observation de conditions lumineuses naturelles. En l'occurrence un "jour blanc" crépusculaire, sans soleil direct.
Les trois autres sources servent respectivement de back, de fill et d'éclairage du décor, à l'arrière-plan. Le back (sur sa nuque) provient en l'occurrence de la réflexion de la lumière sur les tableaux derrière elle. Un Kino semble avoir été disposé à cet effet mais il reste éteint pendant les prises.
Ces trois sources imitent les effets secondaires découlant logiquement de l'hypothèse de base. "Jour blanc" implique en effet qu'aucune des sources, même secondaires, ne soit dure.

Sur les plateaux en "intérieur jour", il est fréquent de placer des sources à l'intérieur de la pièce, au-dessus des fenêtres, pour prolonger la portée de la lumière naturelle. On recourt souvent à des Kinoflos 120 en 2 ou 4 tubes, qui ont la forme et l'intensité idéale.
Ils sont parfois équipés de nids d'abeilles pour limiter leur portée.
Du fait de la proximité de ces sources additionnelles avec la source principale, leur emplacement exact - à l'intérieur de la pièce et donc irréaliste - reste indétectable pour un spectateur lambda.