02 juillet 2009

Livres essentiels en lecture gratuite







Je viens de découvrir que certaines parties de bon nombre de livres importants en matière de lumière de cinéma sont disponibles en lecture gratuite dans la partie Books de Google.

Ils sont en anglais, et très bien indexés - si vous cherchez un terme technique par exemple.

Je vous laisse faire un tour. Les quelques livres ci-dessus sont pour moi des classiques dans leurs genres respectifs (interviews, données techniques, etc.). C'est une mine d'infos trop méconnue.

28 juin 2009

Master Class - Geoff Burton et les tournages en décors réels






Cette Master Class se propose de faire le tour des éclairages les plus courants en situation de tournage dans des décors réels, en extérieurs et intérieurs jour.

Mis à part le fait qu'on recourt aujourd'hui davantage aux KinoFlos en intérieurs jours, les bases (direction, stratégies, astuces) restent valables.

Geoff n'est pas avare de conseils: à vous de les appliquer judicieusement.
C'est ici que ça se passe.

Kodachrome: The End




Après la disparition annoncée de l'ampoule à incandescence, voici celle du Kodachrome.
C'était une émulsion mythique. Kodak a préparé un joli diaporama, mais les clichés de Steve McCurry (de 14 à 32) sortent du lot. Elles font la part belle à la lumière naturelle.

25 juin 2009

Les photons organiques



Les écrans OLED remplaceront peut-être un jour votre plasma/LCD.
En attendant, Konica Minolta lance une nouvelle source de lumière basée sur cette technologie.
Avantages: bon rendement, faible chaleur, finesse, puissance, flexibilité, poids...
Désavantage: sans doute la température de couleur, et encore j'en doute vu qu'ils équiperont les TV d'un futur proche. Le prix, par contre, risque d'en dissuader plus d'un. Pour l'instant.

En attendant, le site web fait rêver.

23 juin 2009

Lumières "japan style"

Un certain James Turrell, artiste californien, aime mélanger la lumière à l'architecture.
Exemple particulièrement réussi: cette maison japonaise.
Je vous laisse découvrir le film, et lire l'article pas barbant du tout (mais en anglais) sur l'endroit.

Ca me fait penser à un autre lieu qui sacralise la lumière: les bains de Vals, dessinés par Zumthor. Et vous, avez-vous déjà été dans un tel endroit?

Cette maison m'évoque également le livre "Eloge de l'ombre", dont je vous recommande vivement la lecture. Ecrit en 1933 alors que le Japon découvrait l'életricité, Tanizaki Junichiro y décrivait très simplement les émotions esthétiques que procuraient la semi-obscurité sur les meubles laqués, ou les lueurs diffuses et dégradées derrière les fenêtres en papier de riz.

Merci à Alexandre pour l'info.

20 juin 2009

Master Class - Robby Müller & Peter James



Cette Master Class est intitulée "Lighting for Drama", mais c'est surtout une occasion pour deux chefs op de confronter des approches très différentes de l'éclairage de studio.

Peter James ("Driving Miss Daisy") modifie le décor et influence la mise en scène, affirmant que le cinéma est de toute façon une tricherie permanente. Alors que Robby Müller ("Paris, Texas") essaie de faire au mieux avec les contraintes proposées.

Le cheminement de leurs pensées est passionnant à suivre, et les résultats qu'ils obtiennent démontrent clairement qu'il n'y a pas de bonne et de mauvaise manière d'aborder le travail sur le plateau, tant qu'il y a cohérence entre une certaine vision du monde et la façon de la restituer derrière l'objectif.

Le film est dispo en suivant ce lien.

14 juin 2009

Master Class Series - John Seale




Ce premier volet de la série des Master Class est sans doute aussi l'un des plus anciens (1993). Les MC suivantes seront plus abouties, et feront la plupart du temps appel à deux chefs op qui ont des façons très différentes d'éclairer des séquences identiques.

Ici l'Australien John Seale, l'un des chefs op actuels les plus doués (sa filmo est vraiment impressionnante), explique sa philosophie de la lumière et du métier, et entre dans des détails très concrets au travers d'une re-créations du tournage des séquences de chambre de "Dead Poets Society". L'objectif principal étant de recréer des ambiances spécifiques aux saisons ou à certaines heures du jour.

L'accent australien et le son original de la vieille VHS rendent certains propos difficiles à comprendre à la première vision. Réécoutez-les jusqu'à ce que vous les compreniez, parce que John livre des trucs et des conseils que peu de pros comme lui acceptent de partager.
Si l'un d'entre vous peut traduire ses propos et générer un quicktime avec les sous-titres, je me ferai un plaisir de poster la version sous-titrée. Je manque de temps pour faire tout ça seul, votre aide me serait précieuse.

John appartient à la même famille de chefs op que Conrad Hall ou Gordon Willis, à savoir des grands pros qui osent et cherchent des solutions hors des sentiers battus, quitte à prendre des risques.
Il me semblait donc logique de commencer la série par ce segment.
Je posterai les autres au fur et à mesure, pour vous permettre de déguster chaque épisode plutôt que de télécharger les huit et de les survoler. Je vous connais ;-)

Vous pouvez accéder au film en suivant ce lien.

13 juin 2009

Masterclasses Kodak: le bout du tunnel





Je vous avais déjà parlé des indispensables "Kodak Cinematography Master Class Series" organisées par l'Australian Film, Television and Radio School - AFTRS. Je me rends compte qu'elles sont aujourd'hui impossibles à trouver sur le marché - ou vraiment trop chères. J'ai passé beaucoup de temps à chercher des DVD (ou même des VHS), en pure perte.

Je me propose donc de vous les mettre à disposition online. J'ai digitalisé les bandes VHS de tous les cours. Tout en me rendant compte de l'aspect borderline de ma démarche, je privilégie le partage des connaissances.

Ces MC ont été données il y a une quinzaine d'années par des chefs op de renom comme Allen Daviau, Denis Lenoir, Sacha Vierny, Dean Semler. Il est dommage que de tels films ne circulent pas davantage. Je vous garantis que vous allez vous régaler - et apprendre des trucs qui vous serviront le reste de votre vie sur les plateaux.

Avez-vous une solution pratique et rapide à me proposer pour les rendre accessibles à vous tous? Chaque film pèse en moyenne 500Mb. Ce sont des mp4 de 640x480. Il y en a huit.

Celui qui me proposera la meilleure solution "clef en mains" aura le privilège de les voir en exclusivité ;-)

12 juin 2009

Colorimétrie sur iPhone



Initiez-vous à l'étalonnage avec Mill Colour, un petit soft que la fameuse unité de post-prod anglaise The Mill a développé pour l'iPhone.

Les exemples pré-programmés sont parfois un poil grossiers, mais ça donne un bon aperçu des bases. Les réglages manuels sont bien plus pointus, et permettent des réglages très fins des nuances.

Derrière le gadget se cache un bon moyen de communiquer un certain look avec l'unité de colo, que ce soit par mail pendant le tournage ou pour garder des notes d'intentions visuelles pour plus tard. L'écran de l'iPhone est suffisamment bon pour donner un bon aperçu du résultat. Attention: il ne s'agit pas de prendre des photos de plateau avec l'iPhone, mais plutôt d'uploader des extraits de rushes sur l'appareil pour les traiter avec les outils de The Mill.

The Mill propose un concours de colo, avec upload sur son site Flickr. Au vu des premiers efforts des candidats, vous avez toutes vos chances de gagner ;-)

A vous de jouer!

Merci à Christophe Persoz (Ogoon Media) pour l'info.

06 juin 2009

Assassin's Creed 2 - quand la lumière numérique fait son cinéma


La bande-annonce d'Assassin's Creed 2 vient de sortir à l'occasion de l'E3 de Los Angeles.
C'est un très bel exemple de lumière cinématographique adaptée à la 3D. Si certains personnages sentent encore la synthèse, il est bien difficile de discerner quelque chose de factice dans les jeux de lumière.
Rien n'a encore réellement filtré sur le making of de ce trailer (si ce n'est que l'agence est établie à Budapest), mais je suis aux aguets.
Vous pouvez le voir en HD sur ce site.

Complètement RED


Pascal Forney

Rien à voir directement avec la lumière, mais je suis tout fier de vous annoncer l'arrivée de l'objectif RED Pro 18-85, un petit monstre qui s'ajoute au matériel qu'Imaginastudio, le chef op Greg Bindschedler et moi-même avons acquis.
J'en parlais rapidement sur ce post.
Des images test vont suivre, mais les premières impressions sont... impressionnantes.
Nous allons adapter le matériel existant pour que le nouveau venu se sente chez lui (follow, supports, etc.).

29 mai 2009

Couleurs en gélatine



Le monde des couleurs peut sembler effrayant de complexité (les termes "ondes vibratoires", "espaces colorimétriques" ou "corrections secondaires" ne sont pas faits pour rassurer), mais les résultats sur l'écran nous touchent directement et mystérieusement, sans qu'on ait besoin d'y réfléchir.

Dans les arts du spectacle, on équipe les projecteurs de films colorés qu'on appelle gélatines, bien que le terme soit inexact aujourd'hui.
Le site de Lee Filters montre comment on les fabrique:

http://www.leefilters.com/lighting/video/


et nous permet de retrouver une couleur précise en fonction d'une roue colorée en 3D:

http://www.leefiltersusa.com/lighting/products/colors/

ou de trouver des teintes proches en fonction d'un nom ou d'un numéro de catalogue (essayez par exemple avec CTS, une gélatine de correction de couleur ambre):

http://www.leefiltersusa.com/lighting/products/comparator/

Kuler, le site d'Adobe est l'occasion de mixer des couleurs de diverses manières pour évaluer nos conceptions de l'harmonie. Créez votre palette préférée, que ce soit pour trouver une jolie combinaison de teintes pour repeindre votre salon ou pour choisir la palette de votre prochain film. La rubrique Create > from a color vous permet d'explorer les règles existantes, et de créer la votre.

Petit quiz lumière

La vie quotidienne offre souvent l'occasion de faire fonctionner les réflexes de quiconque s'intéresse à la lumière.
L'autre soir je mangeais des pâtes dans un resto, en face de ces 3 photos.
Mes questions:
a. quel est le point commun de ces trois portraits, du point de vue de la lumière?
b. qu'en déduisez-vous?



A vos claviers!

23 mai 2009

Bilan des premiers longs-métrages 35mm tournés en RED


"Map of The Sounds of Tokyo" d'Isabel Coixet


Je profite de la projection en sélection officielle à Cannes de "Map of the Sounds of Tokyo" pour revenir sur un événement qui m'avait marqué.

Depuis un certain temps je cherchais à me rendre compte par moi-même du rendu exact de rushes R3D (les RAW de la RED) une fois projetés en 35mm, ou par projection digitale 2 ou 4K sur un grand écran de cinéma. C'est le genre de test qui ne laisse rien passer.

Il y avait bien eu le "Che" de Soderbergh, ou "Knowing" de Proyas, mais les deux films avaient tellement été triturés en post-prod qu'il était difficile de faire la part des choses. "The Girlfriend Experience", le nouveau Soderbergh aussi tourné en RED One, sera beaucoup plus "brut de décoffrage".
Au dernier Micro Salon, l'une des projections les plus éclairantes sur le sujet tournait autour de l'expérience de deux chefs op de longs-métrages tournés avec la RED One.

Vincent Mathias venait avec quelques minutes de rushes d'"Une affaire d'état", un thriller d'Eric Valette (sortie novembre 2009);

Jean-Claude Larrieu a raconté la genèse et le workflow de son premier tournage en RED sur le film de Isabel Coixet;

Deux générations de chefs op. Vincent, jeune et réceptif aux nouvelles technologies, a adopté la RED sans autre forme de procès, après avoir fait des tests poussés évidemment. Tests concluants, et les images en scope que nous avons vu sur le grand écran de la FEMIS ont balayé chez moi tous les doutes et les rumeurs que j'avais entendu. Les blancs éclatants avaient beaucoup d'allure, et les nuances très fines (en luminance et en chroma) conféraient aux images une vraie noblesse.

Il n'existe à ma connaissance pas encore d'interview ou de témoignage écrit de Vincent sur ce film.

Jean-Claude a une longue carrière sur pellicule, et le film de Coixet a été l'occasion pour lui de découvrir la RED. A reculons au début, pensant que le buzz autour de cette caméra en faisaient le dernier gadget à la mode mais pas forcément une alternative au film.

De nombreux tests et un tournage plus tard (prost-prod numérique et labo film chez Eclair), il parlait des images avec beaucoup d'émotion, y décelant des subtilités qu'il n'attendait pas.

Le passage final sur pellicule est pour lui une étape importante, le grain argentique donnant aux images une patine familière.

Jean-Claude a répondu à quelques questions de l'AFC. Extraits choisis:
(texte complet sur le site de l'AFC)


Dès la première scène du film, on se rend compte de l'importance des lumières de la ville dans la composition des images...

Pour reconstituer ce décor de restaurant, qui est la première scène du film, nous avons trouvé un lieu idéal, un penthouse qui permettait d'offrir en arrière plan une découverte de 180° sur la ville de Tokyo la nuit. Cette scène de grand dîner se déploie dans un étrange moment de calme, juste avant qu'une tragédie, accentuée par un quiproquo général, la transforme en débandade.
J'ai axé toute la lumière à partir d'une solide construction au plafond qui serait invisible dans les plans d'ensemble mais aussi par réflexion sur les grandes baies vitrées et qui ne gênerait jamais au moment des changements d'axes. Ainsi disposée, cette lumière fluorescente pouvait recevoir la tonalité de couleur chaude que j'en espérais et permettait d'en moduler l'intensité générale afin de préserver l'équilibre entre l'extérieur et l'intérieur. Cette première séquence a pu ainsi être tournée sans la gêne d'aucun projecteur, avec un diaphragme de 1.8.


Aviez-vous un moniteur de référence ?

Sur le plateau, mon seul point de référence a été l’ordinateur sur lequel nous déchargions les cartes mémoire. Une fois la prise importée, dès l’apparition de l’image RAW, je pouvais après quelques minuscules réglages sur la courbe, grâce au logiciel Red, visualiser l’image très correctement. C’est ce qui m’a permis de ne jamais douter de la qualité de ce que nous enregistrions. Au moment de la prise de vues, j’utilisais, bien entendu, la fonction histogramme du moniteur LCD pour régler le diaph.


Parmi les reproches faits à la caméra Red, il y a la sensibilité indésirable aux infrarouges et la colorimétrie équilibrée à 3 200 K…

Nous avons tourné avec le filtre qui coupe l’infrarouge. J’avais été mis en garde contre ce risque lors des essais. Map of The Souds of Tokyo est un film très souvent éclairé en lumière tungstène, avec des Kino Flo Image 80, des Wall O Ligth, ainsi que des Fresnel de 5, 10 et 20 kW. Je n’ai rencontré aucune difficulté à étalonner ces images photographiées tantôt en tungstène, tantôt en Dayligth, même si, semble-t-il, le capteur de la Red est plutôt équilibré pour la lumière du jour. La seule précaution à laquelle j’ai veillé en permanence, c’est le contrôle des hautes lumières. J’ai utilisé des densités neutres, jusqu’à N12, pour les découvertes ou les arrière-plans, entre autres, les panneaux lumineux en arrière plan proche, dans les rues.


Bande-annonce du film sur le site officiel: http://www.mapofthesoundsoftokyo.com/#content_trailer

18 mai 2009

Mélange des genres



Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Le super-talentueux Dion Beebe vient de signer coup sur coup deux films très différents: la comédie décapante "Land of the Lost" dont je vous conseille vivement la bande-annonce, et une sorte d'extravagance mélodramatique, "Nine". Dans laquelle Daniel Day-Lewis joue Fellini en pleine crise d'inspiration, façon "Huit et demi". C'est un prétexte à reconstituer les images d'une certaine époque du cinéma italien.
Ca contraste fortement avec "Land of the Lost":


Dion Beebe est l'un des chefs op les plus éclectiques qui soit. Si vous ne l'avez pas déjà vu, ruez-vous sur le vénéneux "In the Cut" de Jane Campion, ou sur le glamourissime "Memoirs of a Geisha", qui lui valut l'Oscar en 2005.