Affichage des messages blog dont le libellé est Inspirations. Afficher tous les messages blog
Affichage des messages blog dont le libellé est Inspirations. Afficher tous les messages blog

06 octobre 2007

PUSHING DAISIES: quand la télé devient jouissive



"Ladies and gents, if you don't watch TV because you think it's all the same, if you're fed up with redundant reality shows, sick of stupid soapy sexuality, pooped by procedurals and their blood and guts and salty language, please take a look at Pushing Daisies."

Ceci est un extrait d'un article de l'influent Jonathan Storm du Philadelphia Inquirer. Le dernier opus de Barry Sonnenfeld prouve à nouveau que les vraies innovations - de la forme et du fond - proviennent actuellement plutôt de certaines séries TV nord-américaines que des Majors hollywoodiennes. Voici une série politiquement très incorrecte dont les images stylisées font penser à du Tim Burton sous crack.

Bande-annonce:



La série vient de commencer, il n'est donc pas trop tard pour attrapper le pilote online.

MAD MEN: une série captivante



De temps à autre les réseaux indépendants US nous offrent des pépites. La série Mad Men est la dernière en date. La vie quotidienne d'une agence de pub sur Madison Avenue en 1960 offre aux auteurs l'occasion d'explorer une période où tout semblait permis. Une sorte d'Age d'Or d'insouciance et d'arrogance, qui renfermait déjà un spleen que tout le monde feignait d'ignorer. Le scénario (structure et dialogues) est brillant, et les acteurs au diapason. La photo explore le look de ces années-là, où la règle des lumières en trois points - key, fill et back - était suivie à la lettre. Ce look distinctif des images "made in USA" nous permet aujourd'hui encore de déterminer du premier coup d'oeil l'origine d'un film ou d'une série.
AMC, qui a produit la série, propose sur son site des extraits intéressants. Pour ceux d'entre vous qui n'ont pas la patience de télécharger les 11 premiers épisodes sur le réseau "torrent", voici un aperçu, tiré de la première partie du Making Of.




Lien direct vers AMC: ici

Mad Men est actuellement considéré par le New York Times et le New York Post, avec l'hallucinant Pushing Daisies de Barry Sonnenfeld, comme l'une des meilleures séries de l'année. Je vous les recommande très chaudement.

25 septembre 2007

SOY CUBA: des images miraculeuses



Depuis que je l'ai découvert il y a quelques années, je revois régulièrement Soy Cuba, ce film de Mikhail Kalatozov photographié par Sergei Urusevski, l'un des plus grands chefs opérateurs du Noir et Blanc.



Les lumières et les cadres très expressionnistes mettent parfaitement en valeur ce poème à la gloire de la liberté. Soy Cuba était censé documenter la révolution castriste, mais il a débordé son sujet et a été "oublié" pendant une bonne trentaine d'années. Scorsese et Coppola sont parmi ceux qui ont remis ce film en circulation.

Les mouvements de caméra virtuosissimes, les cieux noirs griffés de nuages, les flammes qui dévorent un champ de blé en plein midi, les visages hantés des protagonistes, chaque image s'imprime immédiatement dans la mémoire du spectateur.

video
Procession funèbre en l'honneur d'un étudiant. L'un des plans-séquences ébourriffants de Soy Cuba.

Depuis longtemps déjà, les décorateurs et les costumiers soviétiques collaboraient très étroitement avec les directeurs de la photo. Certaines ombres ne sont pas provoquées par la lumière mais peintes dans le décor, un paysan qui se silhouette contre le ciel est entièrement peint en noir, et de nombreux filtres colorés sont utilisés très fréquemment pour éclaircir les couleurs similaires et assombrir les complémentaires.
Je suis en train de voir "Le Mammouth Sibérien", un documentaire de Vincente Ferraz sur le tournage de Soy Cuba. Il confirme quelques intuitions et montre des détails croquignolets, comme les trois spots tungstène tenus en permanence par un électro, en plein jour, tout près des visages des comédiens, pour adoucir les contrastes et, par effet colorimétrique (les spots sont très jaunes), de cuivrer les peaux en faisant ressortir la luminosité des couleurs chaudes. On dirait de la bricole de film d'étudiants mais en Noir et Blanc, c'est somptueux. L'assistant caméra de l'époque confirme l'emploi de négatifs sensibles aux infrarouges pour certaines séquences.

Une belle copie de Soy Cuba (accompagnée de suppléments) est dispo chez MK2 (merci Alain). Le documentaire sur le Making Of est distribué en DVD par Trigon Films.